Une sanguine préparatoire de Charles-Joseph Natoire

Le 15 avril 2021, par Caroline Legrand

Peintre rococo de grande renommée, maître de Jean-Baptiste Greuze, Charles-Joseph Natoire exprime tout son talent de dessinateur dans cette sanguine.

Charles-Joseph Natoire (1700-1777), Étude de tête et de bras, sanguine et traces de craie blanche, annotée « C. Natoire » à la plume, 25 35,5 cm.
Estimation : 10 000/15 000 

Connue depuis l’Antiquité, la sanguine fut plus largement introduite dans l’art du dessin à la Renaissance. Ses qualités dans le traitement des volumes et des ombres firent d’elle un atout indéniable pour les artistes du XVIIIe siècle, tout particulièrement pour les portraitistes cherchant à donner vie à leur modèle. Avec cette feuille, Charles-Joseph Natoire laisse un travail préparatoire à une peinture plus importante. Il s’exerce à rendre au mieux la figure d’Adonis, ses expressions et mouvements : c’est l’un des protagonistes de son tableau Vénus et Adonis, aujourd’hui conservé au musée des beaux-arts de Nîmes et reproduit dans l’ouvrage de Suzanna Caviglia-Brunel consacré à l’artiste (Arthena, 2012, n° P.165), peint dans les années 1740-1745. À cette époque, Natoire est à l’apogée de sa carrière. L’élève de Lemoyne, qui remporta le premier prix de Rome en 1721, est devenu académicien en 1734 grâce à un tableau mythologique, Vénus commandant des armes à Vulcain (musée de Montpellier). Depuis, les commandes se sont succédé, parmi lesquelles de grandes décorations tant pour le roi que pour des aristocrates ou les bourgeois. L’hôtel de Soubise est ainsi orné de sa célèbre série sur le thème de l’« Histoire de Psyché ». Son talent de décorateur et sa grande maîtrise du trait ont fait de lui, en 1751, le nouveau directeur de l’Académie de France à Rome. En Italie, il cesse de peindre pour dessiner des paysages naturels et spontanés… qui inspireront notamment un certain Hubert Robert.

Agenda
Les arts anciens, qu'il s'agisse de meubles ou d'œuvres graphiques, partageront les premiers rôles avec des bijoux. De grands ébénistes du XVIIIe siècle seront conviés au rang desquels Pierre IV Migeon, qui proposera à 34 000/36 000 € un grand bureau plat d'époque Louis XV, en placage de bois satiné et bronzes rocaille, et Jean Demoulin, qui livrera pour 28 000/30 000 € une commode galbée du même règne, à décor d'or sur fond noir de paysages dans le goût chinois. On admirera aux cimaises un dessin à la sanguine et traces de craie blanche de Charles-Joseph Natoire, représentant une Étude de tête et de bras : une feuille préparatoire à la figure du beau jeune homme du tableau Vénus et Adonis réalisé dans les années 1740-1745 et conservé au musée des beaux-arts de Nîmes. S'il faudra envisager 10 000/15 000 € pour son acquisition, 12 000/15 000 € seront nécessaires pour décrocher une toile signée Louis Tinayre, Le Camp de Choisy-au-Bac, datée d'octobre 1914. On conclura sur les bijoux avec un collier en or blanc serti de 195 diamants de taille princesse et d'une qualité extra-blanc VS, pour 12 ct environ (24 000/26 000 €), et une bague en or blanc centrée d'un saphir coussin naturel non chauffé probablement de Ceylan de 4,06 ct, à entourage de diamants ronds de tailles moderne et trapèze (18 000/20 000 €).  
dimanche 25 avril 2021 - 14:00 - Live
Chantilly - 4, avenue Bourbon - 60500
Hôtel des Ventes de Chantilly Oise enchères
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