Les formes nouvelles de Zamoyski

Le 07 juillet 2021, par Caroline Legrand

Grâce à trois sculptures en bronze aux pedigrees remarquables, l’on redécouvre l’art d’Auguste Zamoyski, artiste polonais moderne, membre du mouvement formiste.

Auguste Zamoyski (1893-1970), Eux deux ou Ich dwoje, bronze à la cire perdue à patine noire, signé sur le devant de la terrasse et cachet au dos du fondeur Claude Valsuani, h. 84 cm.
Estimation : 120 000/150 000 

Lorsque Auguste Zamoyski s’installe à Paris, en 1924, il est déjà un sculpteur reconnu. Célèbre dans son pays d’origine, la Pologne, il y fut l’un des chefs de file du mouvement formiste, né en 1919 de la volonté de plusieurs artistes de « créer un style nouveau, sur la base des concepts de réalisme et de beau, qui se développaient à partir de l’expérience des cubistes, des futuristes et des expressionnistes », selon Léon Chwistek. Dans le cadre de cette quête formelle pure et d’une esthétique originelle, leurs œuvres flirtaient souvent avec l’abstraction. Installé avenue du Maine, dans le 14e arrondissement de Paris, Zamoyski va y faire évoluer son art vers un réalisme qui perdurera jusqu’en 1950. C’est de cette période que date la sculpture en bronze fondue par Valsuani, commandée en 1929 par la galerie Zak directement auprès de l’artiste, puis vendue peu après son exposition. Fondée un an auparavant à Paris par Jadwiga Zak (1885-1943) — veuve de l’artiste Eugène Zak décédé en 1926 —, cette enseigne située au 16, rue de l’Abbaye, dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, s’était spécialisée dans l’art moderne, exposant notamment Kandinsky, Chagall, Modigliani, mais aussi de nombreux artistes polonais. Zamoyski était donc un habitué des lieux, y organisant même conjointement des expositions, comme celle des «Kapistes» soutenue par l’ambassadeur de Pologne en France. Si cette sculpture décrivant deux personnages enlacés n’est que douceur et fusion des corps, on reviendra avec Tango, un bronze à patine noire signé et portant le cachet du fondeur Valsuani (49 x 19 x 15 cm), à des formes plus cubistes Réalisée d’après un modèle créé en 1922, cette sculpture est annoncée à 20 000/25 000 €, tout comme la Tête d’Antoni Stonimski (bronze à la cire perdue et patine dorée fondu par Clementi, 20 x 13 x 27 cm) : une œuvre commandée en plusieurs exemplaires par le père André Gouzes, de l’abbaye Sylvanès, pour le musée Zamoyski du prieuré des Granges qui exposa, de 2009 à 2019, un ensemble d’œuvres de l’artiste offert par sa veuve Hélène Zamoyska, racheté ensuite par le Musée national de Varsovie.

Agenda
Le sculpteur polonais Auguste Zamoyski, qui fut un grand nom de l'avant-garde artistique de l'entre-deux-guerres tant dans son pays qu'en France, sera présent au travers de trois œuvres en bronze aux beaux pedigrees. 120 000/150 000 € seront attendus pour Eux deux, acheté à la galerie Zak en 1929 (Voir Gazette n°27, page 77), et 20 000/25 000 € pour Tango, réalisé d'après un modèle de 1922. On restera dans la sculpture avec L'Implorante de Camille Claudel, une fonte posthume en bronze à la cire perdue de Valsuani d'après le modèle original fondu par Eugène Blot en 1905 (22 000/25 000 €). Des voitures parmi lesquelles un cabriolet Aston Martin de 2007 (50 000/60 000 €) et un cabriolet Triumph TR4 de 1965 (22 000/25 000 €) compléteront ce programme, de même que des tableaux, bijoux, objets d'art et meubles. 10 000/12 000 € seront notamment à prévoir pour un acrylique sur toile d'Erró, Hommage à Fernand Léger, de 2020.  
dimanche 18 juillet 2021 - 14:00 - Live
Chantilly - 4, avenue Bourbon - 60500
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