Luigi Querana, le Canaletto du XIXe

Le 15 décembre 2017, par Caroline Legrand

Héritier d’une belle tradition, Luigi Querena nous propose une superbe vue, au soleil couchant, sur le palais des Doges à Venise.

Luigi Querena (1820-1887), Vue du palais des Doges à Venise, gouache, signée et datée 1853, 37 x 56 cm.
Estimation : 5 000/8 000 €

La lumière jaune orangé s’abat sur les façades des architectures fermant la place Saint-Marc. Jouant d’une grande perspective parfaitement maîtrisée, ce panorama finit en arrière-plan, en suivant le cours du Grand Canal, par une vue lointaine sur la basilique Santa Maria della Salute, l’un des joyaux de la Sérénissime. S’il porte une grande attention aux détails, chaque bâtiment étant traduit de manière réaliste par une touche minutieuse, il n’en oublie pas pour autant de mettre en scène son paysage, en l’animant d’une multitude de personnages, touristes ou gens du cru donnant vie aux quais. Né à Venise, Luigi Querena a appris son art auprès de son père, peintre de compositions historiques et religieuses. Naturellement doué, il est admis à l’académie des beaux-arts de la ville alors qu’il n’a qu’une douzaine d’années ! Son maître se nomme Federico Moja (1802-1885). Spécialisé dans les vedute, il formera à ce genre son brillant élève. Celui-ci débute dans les années 1850 avec une œuvre magistrale, une série de huit panoramas illustrant la résistance des Vénitiens contre les Autrichiens en 1848. Par la suite, il peindra de nombreuses vues de la cité et de sa lagune, qui seront exposées aussi bien à l’académie de Venise qu’à la Brera de Milan. Considéré par certains comme le Canaletto du XIXe siècle, Querena reprend avec brio cette mode de la veduta, «la vue de ville», lancée au siècle précédent. Un genre que l’on doit à des peintres nordiques – notamment Gaspar van Wittel – arrivé à Venise vers 1695 –, mais adapté par les artistes locaux, qui aiment mettre en valeur les beautés architecturales de leur ville grâce à l’emploi d’une perspective rigoureuse. Entre innovations picturales et nouvelle conscience urbaine, les peintres créent alors des paysages citadins de belle qualité, dont les touristes du Grand Tour sont particulièrement friands. Un souvenir qui ne manquait pas de faire son effet dans les salons des riches demeures françaises ou anglaises !

Agenda
Si les plus hautes estimations reviendront aux bijoux, à l'image de deux diamants sur papier de 3,32 et 2,93 ct (25 000/35 000 € et 20 000/30 000 €) et d'un sautoir « Alhambra » de la maison Van Cleef en or jaune, orné de trèfles, papillons, cœurs et feuilles en malachite, nacre, cornaline et œil de tigre (12 000/16 000 €), nous attirerons particulièrement votre attention sur de beaux tableaux, tant anciens que modernes. Une toile de l'atelier de Francesco Bassano, Orphée charmant les animaux, se négociera à 7 000/10 000 €, et une Vue du palais des Doges à Venise, par Luigi Querena, à 5 000/8 000 €. Signalons encore dans ce riche programme la présence d'une cape longue à col de la maison Dior, en vison noir (5 000/8 000 €), et celle d'un meuble d'appui Louis XVI en bois de rose plaqué en aile de papillon à encadrements d'amarante, aux côtés incurvés et estampillé Nicolas Petit (4 000/6 000 €).
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