Modello pour le salon de Mercure à Versailles

Le 21 janvier 2021, par Caroline Legrand

Cette étude préparatoire évoque la participation de Jean-Baptiste de Champaigne à la décoration du château de Versailles, un projet entièrement tourné vers la célébration du Roi-Soleil.

Jean-Baptiste de Champaigne (1631-1681), Auguste recevant une ambassade d’Indiens, vers 1672, huile sur toile, 30,7 60,2 cm.
Estimation : 40 000/50 000 

À partir de 1664, le roi Louis XIV décide de plusieurs grandes campagnes de travaux à Versailles. Il veut faire de ce château de chasse une résidence royale. Vers 1670, cette dernière commence à prendre forme, les grands appartements de la reine et du roi prenant place au premier étage. Au départ antichambre, le salon de Mercure va finalement devenir, en 1682, à l’installation définitive de la cour à Versailles, la chambre de parade (Louis XIV préférant dormir dans ses petits appartements), contiguë aux salons d’Apollon – ancienne chambre du roi qui devint salle du trône – et de Mars, soit la salle des gardes. La décoration de son plafond débute vers 1672 : elle est confiée à Jean-Baptiste de Champaigne. L’artiste d’origine bruxelloise, arrivé à Paris en 1643, a déjà une belle carrière comme peintre religieux et d’histoire. Il a pu profiter notamment de la protection de son oncle, le célèbre Philippe de Champaigne qui travailla à la cour de la reine Marie de Médicis, puis de Louis XIII. Après plusieurs années passées dans son atelier, Jean-Baptiste effectue un séjour formateur à Rome en 1658-1659. À son retour, il collabore à divers grands chantiers royaux, à Vincennes puis au palais des Tuileries pour l’appartement du Dauphin, et rejoint l’Académie royale de peinture en 1663. Fort d’une belle réputation, il est donc choisi en 1672 pour orner le plafond du salon de Mercure et l’oratoire de la reine. Il crée un décor centré autour de la figure de Mercure sur un char tiré par deux coqs. À l’effigie de Louis XIV, le dieu préside aux arts et aux sciences mais aussi, en tant que divin messager, aux ambassades. Il est ainsi entouré de quatre voussures représentant des hommes illustres de l’Antiquité : Alexandre le Grand faisant porter à Aristote divers animaux étrangers afin qu’il écrive son Histoire naturelle, Alexandre recevant une ambassade d’Éthiopiens, Ptolémée Philadelphe discutant avec des savants dans la bibliothèque d’Alexandrie et, sur la voussure ouest, Auguste recevant une ambassade d’Indiens, dont cette peinture est une étude préparatoire. Autant d’évocations de la grandeur du roi Louis XIV, créateur de la bibliothèque et de la ménagerie royales.

Agenda
La peinture ancienne tiendra la tête de cette affiche grâce à une étude préparatoire de Jean-Baptiste de Champaigne Auguste recevant une ambassade d'Indiens pour le projet de décoration du plafond du salon de Mercure du château de Versailles (Voir Gazette n°3 page 91). Pas moins de 40 000/50 000 € seront à envisager pour son acquisition, tandis que 8 000/10 000 € seront nécessaires pour décrocher une huile sur panneau de l'atelier de l'artiste anversois du début du XVIIe, Frans II Francken dit le Jeune, La Parabole du repas du mauvais riche et du pauvre Lazare. Pour ceux qui préfèrent l'art du portrait à la manière anglaise, signalons un Portrait en pied d'un jeune garçon d'un artiste de l'entourage de John Constable qui pourrait partir à 6 500/8 000 €. Des autres spécialités, nous mettrons en avant un important bronze à patine brun-vert nuancé de François Méheut figurant Quatre marins, daté vers 1930 (10 000/12 000 €) ; du côté des accessoires de mode, ce sera un sac à main Hermès, modèle Birkin taille 35, en cuir togo couleur orange (5 000/7 000 €). 
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