Meuble inédit par Thomas Hache

Le 18 septembre 2019, par Caroline Legrand

Ce meuble à deux corps et à retrait provençal a été réalisé par Thomas Hache vers 1685 à Chambéry. Une première à plus d’un titre dans la production de ce célèbre ébéniste.

Thomas Hache (1664-1747), meuble à deux corps et à retrait provençal, Chambéry, vers 1685, à quatre vantaux et deux tiroirs, marqueterie de noyer de fil, olivier, pommier ou poirier teinté ou brûlé, bois ombré au sable chaud, houx, sapin, moulure en bois noirci, 220 173,5 65,5 cm.
Estimation : 40 000/45 000 

Cette précieuse découverte, venant étayer le fabuleux corpus des Hache, serait le premier meuble de ce type créé par Thomas, et peut-être même l’un des tout premiers objets de l’ébéniste. Il est daté vers 1685  soit de la même époque que la célèbre armoire aux armes du marquis de Mirabeau, et un peu antérieur au meuble à deux corps de la fondation Bemberg de Toulouse  par la spécialiste François Rouge. À cette date, Thomas Hache vit à Chambéry, en Savoie. Le fils de Noël (1630-1675), menuisier originaire de Calais installé à Toulouse, a fait ses débuts dans l’atelier familial, repris par son beau-père, avant de partir pour son tour de France. Cette longue période d’apprentissage le mène à Paris, où il côtoie sans doute l’atelier de Pierre Gole, l’un des plus grands ébénistes du temps, dont l’influence se fait rapidement sentir dans ses créations. L’étape suivante est Chambéry, une ville à la situation géographique intéressante, d’autant que le territoire est alors rattaché à la maison de Savoie. Là, Thomas découvre la marqueterie d’incrustation à l’italienne, de pâtes colorées ou d’ivoire, que l’on appelle aussi «technique de la scagliola». Toute l’originalité de la production des Hache remonte à cette période de formation de Thomas, tant sous l’influence de Pierre Gole et de ses marqueteries florales que des artisans d’Italie, pour leurs incrustations et leur utilisation d’essences indigènes variées   à une époque où l’ébène est le bois le plus employé . On retrouve la virtuosité de ces derniers dans les couleurs   les teintes jaune, rouge et verte de l’olivier, du sycomore et du frêne  sur ce meuble à deux corps. On notera aussi les marqueteries novatrices, comme les mufles de lion d’inspiration Renaissance, les petites frises de damiers autour des vantaux inférieurs et le fond en noyer de fil  et non en bois brûlé… Sans oublier des marqueteries en médaillon «que l’on rencontre fréquemment sur les petits cabinets à poser d’Allemagne du Sud du XVIIe siècle», selon Françoise Rouge. Une nouvelle preuve de la variété des sources d’inspiration de Thomas Hache.

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