Schuffenecker, peintre sous influence

Le 30 juin 2021, par Caroline Legrand

Parfois plus connu pour avoir été très proche de Paul Gauguin, Claude-Émile Schuffenecker fut également un peintre prolifique au style marqué par ses amitiés.

Claude-Émile Schuffenecker (1851-1934), Jeune garçon au pied de la falaise, marée haute, Normandie, huile sur toile datée 188(?), 81 65 cm.
Estimation : 20 000/30 000 

Plusieurs toiles de Claude-Émile Schuffenecker datées de 1888 et représentant des paysages normands, en particulier de la région d’Étretat, sont aujourd’hui connues et reçoivent souvent de belles enchères. Réalisées deux ans après la révolution du Dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte de Georges Seurat, elles illustrent l’influence de la théorie pointilliste de ce dernier. On retrouve en effet le jeu des petits points de couleurs pures, qui permet de mettre en exergue la lumière sur la mer et l’ombre des falaises. Le peintre ajoute à cette technique un art déjà bien maîtrisé pour les mises en page fortes, n’hésitant pas à placer au second plan cette immense falaise qui délimite la composition et invite notre regard vers l’horizon. Une œuvre dynamique, qui illustre une période cruciale pour la peinture moderne en France. Claude-Émile Schuffenecker fut aux premières loges de cette aventure picturale grâce à sa rencontre, en 1872, avec Paul Gauguin. Ils étaient alors tous deux employés comme courtiers, chez Bertin à Paris. Leur relation, tumultueuse, est immortalisée notamment par le tableau de Gauguin L’Atelier Schuffenecker ou la Famille Schuffenecker de 1889, conservé au musée d’Orsay. L’artiste s’est longtemps occupé du fils de Gauguin, Clovis, notamment pendant les périodes d’absence de son père. Gauguin et lui avaient étudié ensemble auprès de Carolus-Duran et à l’académie Colarossi. Poussés à abandonner leur métier à cause de la crise financière, ils commencent à exposer vers 1881. Trois ans plus tard, Schuffenecker participe à la fondation du Salon des indépendants. Par ailleurs, il accompagne Gauguin en Bretagne, à Pont Aven, et introduira Émile Bernard auprès de Van Gogh. Sa peinture oscille entre impressionnisme – il est un grand admirateur de Degas – et synthétisme, en passant par le néo-impressionnisme. Une hésitation qui lui coûta cher et l’empêcha de s’imposer plus fortement.

Agenda
Jean Souverbie a créé une œuvre unique et éminemment personnelle qu'il expliquait de manière simple et décomplexée : « Je n'ai fait que ce que j'aimais, c'est-à-dire des grosses dames nues qui ne foutent rien au soleil. » À une époque où la mode est plutôt aux nabis ou aux fauves, lui choisit la voie du classicisme avec des figures allégoriques féminines, aux allures de divinités grecques antiques. Il faudra débourser 20 000/30 000 € pour emporter sa toile dépeignant une Grosse fille aux pommes. Pour ceux qui préfèrent les paysages, citons un Jeune garçon au pied de la falaise, marée haute, Normandie, de Claude Schuffenecker (même estimation. Voir Gazette n°26, page 113), et pour les amateurs du genre, une toile peinte vers 1925 par Maurice de Vlaminck, Nature morte au journal (15 000/18 000 €). L'art contemporain sera également à l'affiche avec une Accumulation de Marianne, technique mixte de César attendue à 16 000/20 000 €.
samedi 10 juillet 2021 - 14:30
Chamalières - Salle du Carrefour Europe, 3, avenue de Fontmaure - 63400
Vassy-Jalenques
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