La guerre des étoiles selon Georges Mathieu

Le 08 octobre 2020, par Claire Papon

Ce Chagrin délicieux de Georges Mathieu fera-t-il verser des larmes de joie à son propriétaire ? Réponse dans quelques jours dans une vente consacrée à l’art moderne et contemporain.

Georges Mathieu (1921-2012), Chagrin délicieux, 1988, peinture alkyde sur toile, 92,5 125 cm.
Estimation : 80 000/100 000 €

«Prodigieuse aventure que de décider de s’opposer au monde, au monde des formes, au monde des habitudes et des comportements. La réussite tient à la patience, à la volonté, à la chance et bien sûr au don ; non pas seulement celui du “savoir peindre” mais celui d’une certaine “voyance”», explique le peintre qui, dès 1947, expose au Salon des réalités nouvelles des toiles dont «la texture est composée de taches jaillies directement du tube, rappelant celles des expressionnistes abstraits américains parmi lesquels Jackson Pollock, ou écrasées par ses doigts», selon Charles Sala, professeur et historien d’art. En 1956, sur la scène du théâtre Sarah-Bernhardt, il peint en vingt minutes une toile de quatre mètres sur douze intitulée Hommage aux poètes maudits du monde entier. L’année suivante au Japon, il réalisait des performances inédites pour l’époque devant un public fourni et conquis. Voilà bientôt un an – du 21 novembre au 21 décembre 2019 – que les galeries Perrotin et Nahmad Contemporary proposaient la première exposition consacrée à Georges Mathieu, à Hong Kong. Une reconnaissance pour le fondateur de l’abstraction lyrique, qui est loin d’être un inconnu en Asie. La manifestation explorait tout particulièrement les années 1983 à 1991, une période très reconnue en France et en Italie, marquant l’éclosion de gestes véhéments, de lignes éclatées, de couleurs très contrastées. Et qu’illustre notre peinture, datée 1988 et exposée quelques mois plus tard à la galerie Protée à Paris.

Agenda
Une toile vers 1906 de Jean Metzinger, Le Parc Monceau (50 000/70 000 €), une pièce unique en plomb de Germaine Richier datée 1953, Plomb avec verres de couleur (80 000/120 000 €), une toile de 1951 de Maurice Estève, Taurillon (60 000/70 000 €), une pièce unique d'Arman, Super nova constituée de bouteilles d'encre coulant sur un panneau, des années 1970 (30 000/50 000 €), ainsi qu'une peinture de 1988 de Georges Mathieu, Chagrin délicieux (80 000/100 000 €) devraient recueillir les meilleurs résultats du chapitre de la peinture contemporaine française. Des œuvres de Sayed Haider Raza leur succèdent (dont deux acryliques de 2007 et 2008 Nagas et Prakriti-yoni, estimés 45 000/50 000 € chacun), de l'art russe et chinois dont Travers du monde de Zhu Fadong (même estimation).
vendredi 16 octobre 2020 - 14:00 - Live
Salle 5-6 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Kohn Marc-Arthur
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