Gargallo, sculpteur de volumes

Le 14 novembre 2019, par Sophie Reyssat

Entre classicisme et modernité, Pablo Gargallo a su renouveler la sculpture des années 1920.

Pablo Gargallo (1881-1934), La Porteuse d’eau, 1925, calcaire rosé, 48 17 12,5 cm.
Estimation : 60 000/70 000 

À côté des tableaux modernes, principale attraction de l’après-midi avec de célèbres signatures, d’Armand Guillaumin à Léopold Survage pour les paysages et d’André Lhote à Jean Souverbie pour les figures humaines, cette dispersion aura aussi quelques noms à proposer au rayon sculptures. L’Espagnol Pablo Gargallo est de ceux-là. Dès l’âge de 14 ans, alors qu’il suit déjà des cours de dessin à Barcelone, ses prédispositions artistiques lui permettent d’entrer comme apprenti chez le sculpteur catalan Eusebi Arnau i Mascort. Grâce à lui, il apprend les bases du métier, de la mise au point pour l’agrandissement des modèles à la taille directe, en passant par le moulage. En 1900, comme tous les jeunes artistes avides de modernité, il fréquente le cabaret Els Quatre Gats («Les quatre chats», inspiré du fameux Chat Noir parisien), où Pablo Picasso réalise ses premières expositions individuelles. Gargallo et lui deviennent amis et partagent un atelier, avant que le sculpteur ne gagne lui aussi la France, trois ans plus tard. Sa découverte marquante de l’œuvre de Rodin influence ses bas-reliefs, qui lui valent d’être engagé pour travailler sur le décor de plusieurs édifices barcelonais. Un besoin d’innovation le taraude pourtant, qu’il exprime à travers ses masques de métal, façonnés avec des techniques de dinanderie et inversant volontiers les volumes. Les années 1920 sont celles de la consécration, à Barcelone comme à Paris. C’est ainsi qu’il participe à l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, en 1925. La même année, Gargallo a taillé dans la pierre cette Porteuse d’eau aux formes puissantes. Une effigie plus élancée évoquera le souvenir de Raymond Martin (1910-1992) : son bronze monumental de L’Homme au trophée (h. 184 cm). Il a travaillé le sujet du jeune athlète à partir de 1962, l’année de son élection à l’Académie des beaux-arts, pour aboutir à cette première épreuve, fondue en 1974 par Susse (50 000/60 000 €), qui a anciennement appartenu à la collection Daniel Wildenstein.

Agenda

Les paysages seront majoritaires, dans cette sélection de près de deux cents tableaux modernes, assortis de quelques tapisseries et sculptures. La fourchette de prix sera aussi large que le style des œuvres sera varié, débutant autour de quelques centaine d’euros, mais nécessitant de débourser entre 75 000 et 80 000 € pour une Promenade en barque sur la Seine peinte par Joseph Delattre. La douceur de la touche sera également en exergue dans une toile de Marie Laurencin montrant une jeune femme aérienne, titrée Élégance (38 000/4 000 €). Si d’autres personnages, signés Raymond Martin et Pablo Gargallo se feront remarquer côté sculpture, Deux fennecs assis d’Édouard Marcel Sandoz feront fondre les cœurs moyennant quelque 45 000 €. Ils ont été transposés dans le bronze par Valsuani vers 1923.

dimanche 17 novembre 2019 - 14:30 - Live
Versailles - Hôtel des ventes du Château, 13, avenue de Saint-Cloud - 78000
Osenat
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne