Les étains de Philippe Dahhan

Le 20 mars 2019, par Sophie Reyssat
Auguste Ledru (1860-1902), Coquille, Galliera, étain signé «Ledru», fondeur Susses Frères, Paris, 31,5 48 cm.
Estimation : 500/1 000 

Pour certains, le nom de Philippe Dahhan est associé à la médecine. Pour d’autres, il est lié à l’art. Ce chirurgien orthopédique, chercheur au CNRS et professeur d’anatomie émérite, est l’auteur de l’ouvrage Étains 1900, 200 sculpteurs de la Belle Époque, paru en 2000 aux Éditions de l’Amateur. Dans le cadre de sa succession, une vingtaine d’objets de charme réalisés dans cet alliage si prompt à se plier à la volonté d’une main artistique seront proposés, aux côtés d’œuvres de bronze  huit d’après Rodin , l’ensemble se composant d’une quarantaine de sculptures du tournant du XIXe siècle. Le collectionneur a été séduit par la légèreté des sujets, odes à la beauté de la femme, dont une nature tout en courbes se fait l’écho. Les belles prennent la pose avec sensualité, grimpant sur une coquille d’escargot pour Henry Fugère, tentant d’entrer dans un coquillage pour Auguste Ledru, ou se cambrant sous les vagues d’un surtout de Raoul Larche. Cette dernière pièce, exclusivement ornementale et destinée à orner un centre de table, est la plus imposante (1 500/2 000 €). La plupart des autres étains sont des vases, dont on oublie vite la fonction pour ne retenir que la sculpture. Nous sommes loin des objets anonymes du quotidien produits pendant des siècles, remplacés par une faïence encore meilleur marché au début du XIXe siècle. On doit à l’Exposition universelle de 1878 d’avoir donné une seconde vie voluptueuse au matériau, jusqu’à ce que la guerre le destine à un autre usage, celui des canons. 

Agenda

Dans une fourchette de 100 à 10 000 €, cette dernière estimation étant retenue pour L’Éternel Printemps d’après Rodin, il sera possible d’acquérir le 24 mars l’une des sculptures de bronze ou d’étain du collectionneur Philippe Dahhan. Une autre pièce, de marbre blanc cette fois, se fera l’écho de leur sensualité : Le Baiser d’amour, donné par Carrier-Belleuse vers 1875 (3 000/5 000 €). Des femmes séduisantes s’afficheront également aux cimaises, peintes par Pascin et Dyf. Les paysages maritimes, bien représentés, feront voyager de Honfleur à Tarascon, immortalisés au tout début des années 1960 par Hambourg et Brayer (respectivement autour de 8 500 et 3 500 €). D’autres tableaux de ces artistes seront au programme.

dimanche 24 mars 2019 - 14:00
Versailles - Galerie des Chevau-Légers, 6 bis, avenue de Sceaux - 78000
Chevau-Legers Enchères
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