Quand Picasso brossait des paysages catalans

Le 16 septembre 2020, par Caroline Legrand

Ce tableau a été réalisé vers 1900 par le futur maître du cubisme. Un témoignage des premières heures du maître du XXe siècle.

Pablo Picasso (1881-1973), Paysage catalan, vers 1900, huile sur panneau signée, 40,7 31 cm.
Estimation : 120 000/180 000 
© Succession Picasso, 2020

Pablo Picasso est âgé d’une vingtaine d’années à peine quand il réalise ce paysage de la campagne catalane. On y voit le trait appliqué d’un artiste en pleine recherche stylistique – l’œuvre baignant dans une atmosphère postimpressionniste –, mais aussi en quête d’une évolution formelle. La matière est très travaillée, la lumière perce l’horizon grâce aux couleurs ocre, tandis que les grises maisons du premier plan imposent leur architecture massive et géométrique. Peinture datée vers 1900 serait l’une des premières signées uniquement du nom de sa mère : Picasso. Auparavant étaient apposés «Ruiz-Picasso», puis «P.R-Picasso». Une preuve de son attachement sans faille à celle qui lui donna la vie, Maria Picasso Lopez, laquelle aimait raconter que le premier mot de son fils ne fut autre que «crayon»… un artiste-né ! Originaire de Malaga, Picasso est incité très tôt à dessiner et peindre par son père, José Ruiz y Blasco. Professeur de peinture, ce dernier déménage plusieurs fois avec sa famille à cause de son travail, nommé tout d’abord dans un lycée à la Corogne puis, en 1895, à l’école supérieure de design et d’art de Barcelone, la Llotja. Talent précoce, Pablo entre à 14 ans aux beaux-arts de Barcelone, puis dans l’école où enseigne son père. Il peint alors durant l’été des marines et le reste de l’année des peintures académiques, comme La Première Communion de 1896. Après une courte année passée aux Beaux-Arts de Madrid, en 1897, il revient à Barcelone avec la volonté de se détourner de l’académisme. Il partage alors son atelier avec son ami Pallarès, qui l’emmène durant plusieurs mois, de l’été 1898 à février 1899, dans son village d’Horta d’Ebre en Tarragone, où il s’adonne aux paysages parfois animés de bergers et leurs troupeaux. Rentré en Catalogne, il peint des portraits sous l’influence du modernisme catalan. Mais bientôt, les peintres de retour de France, comme Miquel Utrillo, Ramon Casas ou Anglada Camarasa, lui donnent des envies d’ailleurs. Pablo Picasso arrive à Paris en octobre 1900, pour découvrir l’Exposition universelle. Une nouvelle page de l’histoire de l’art s’ouvrait.
Avis :
ce tableau est présenté avec un certificat de Maya Widmaier-PIcasso daté du 11 novembre 2005, aucun certificat d'authenticité signé par Mr Claude Picasso ne sera remis à l'acquéreur.

Agenda
Provenant notamment d'une collection particulière, un bel ensemble de tableaux, sculptures et objets d'art moderne seront dispersés le 24 septembre. À leur tête figureront de nombreux noms célèbres comme celui de Pablo Picasso avec un Paysage catalan du début de sa carrière (120 000/180 000 €). Fernand Léger est lui aussi convié avec une œuvre de ses premières années, et en particulier de son voyage sur l'île de Beauté, placé sous le signe de la couleur (Paysage corse, 40 000/60 000 €). Bernard Buffet décrira quant à lui Paimpol, remorqueurs dans le bassin dans une grande toile de 1972, à l'impressionnant jeu de lignes horizontales et verticales s'opposant (80 000/120 000 €). Le Montmartrois Maurice Utrillo est également au menu avec trois œuvres, tandis que le postimpressionniste Henri Lebasque nous séduira avec de lumineux Promeneurs en bord de Seine, de 1894 (15 000/25 000 €). Alentour rivaliseront une Porsche 993 Carrera 4S de 1996 (65 000/70 000 €), un bronze posthume de François Pompon, Ours blanc (10 00012 000 €), une commode Louis XV aux beaux bronzes dorés en façade (6 000/8 000 €) et un panneau de chêne sculpté attribué à Ernest Ponthier de Chamaillard – proche de Paul Gauguin à Pont-Aven – sur le thèmes des Bacchanales (5 000/7 000 €). 
jeudi 24 septembre 2020 - 17:00
Mâcon - 1, avenue Édouard-Herriot - 71000
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