Le mobilier du Basque bondissant

Le 21 octobre 2020, par Caroline Legrand

Bien qu’installé dans la capitale et admiré de tous, le tennisman Jean Borotra n’en oublia pas pour autant ses racines, comme en témoigne ce mobilier. 

Benjamin Gomez (1885-1959), architecte-décorateur, Lucien Danglade (1891-1951), sculpteur, et Maumejean Frères, maîtres verriers. Enfilade en chêne ciré et sculpté de forme rectangulaire, lumières à abat-jour en vitrail dit de style américain, ouvrant à trois tiroirs en ceinture dont le central avec devise « Lehen hala raïh la ger es dakit n la», décor sur la porte de droite de la pierre à chocolat, rouleau et kaiku (verseuse), sur la porte de gauche pégara, chistera et espadrilles, 190 260 48 cm.
Estimation : 5 000/8 000 

Diplômé de Polytechnique, Jean Borotra entame après la guerre une double carrière de sportif et de cadre dirigeant dans l’industrie. S’il n’a commencé le tennis qu’à l’âge de 14 ans, sa carrière a été fulgurante, avec dès 1924 une finale remportée à Wimbledon. Suivront jusqu’en 1935 trois autres victoires en tournois du Grand Chelem, mais aussi six en Coupe Davis avec ses acolytes, Henri Cochet, René Lacoste et Jacques Brugnon, les célèbres « Mousquetaires » français du tennis. Une période durant laquelle le « Basque bondissant » vit à Paris, au 132 de la rue de Longchamp, avec sa sœur Aimée. En 1926, tous deux confient l’aménagement de leur appartement au décorateur Zeller, mais aussi à leur ami de longue date, l’architecte bayonnais Benjamin Gomez, qui leur livre un mobilier de salle à manger complet, comprenant une grande table, aujourd’hui prisée 1 500/2 000 €, une suite de huit chaises et quatre fauteuils (1 200/1 500 €), un buffet enfilade (5 000/8 000 €) et deux buffets rectangulaires (1 000/1 500 € chaque). Gomez est alors au début de sa carrière ; dans une lettre conservée par la famille, on le voit à la recherche de l’assentiment des Borotra pour son choix de mêler art déco et tradition basque. Plus de quatre cents personnes s’extasieront, lors de la pendaison de crémaillère, sur cette salle à manger, qui déménagera ensuite avenue Foch chez Jean et son épouse Mabel Forest de Bendern, puis à partir de 1930 dans la maison familiale du Pouy, à Arbonne.
 

Benjamin Gomez et Lucien Danglade. Deux buffets rectangulaires à pans coupés, en chêne ciré et sculpté de motifs de feuillage stylisé, sim

Benjamin Gomez et Lucien Danglade. Deux buffets rectangulaires à pans coupés, en chêne ciré et sculpté de motifs de feuillage stylisé, simulant un tiroir en ceinture et ouvrant à une porte à décor d’une ferrata (récipient tronconique traditionnel) et de pégaras (récipient pour aller chercher l’eau, que l’on portait sur la tête), 89 102,5 43 cm.
Estimation : 1 000/1 500 € chaque
Agenda
Une vente centrée sur les arts basques et landais. Citons notamment l'incontournable Ramiro Arrue, qui proposera moyennant 30 000/50 000 € Les Femmes en Pays basque, et contre 10 000/15 000 € une grande gouache, Danse des bâtons devant l'Euzko Etxea dans une fête en Biscaye. Sur les cimaises séduiront encore une Procession dans les rues de Ciboure d'Ignace François Bibal (8 000/12 000 €) et des Pins sur le lac, du Landais Jean-Roger Sourgen (3 000/5 000 €), et du côté du mobilier un ensemble de salle à manger réalisé par Benjamin Gomez pour le tennisman Jean Borotra, dont une grande table estimée 1 500/2 000 € (Voir Gazette n°37 page 116). 
samedi 31 octobre 2020 - 14:00 - Live
Saint-Jean-de-Luz - 8, rue Dominique-Larréa, Z.A. Layatz - 64500
Côte Basque Enchères Lelièvre - Cabarrouy
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