Vente inaugurale

Le 25 juillet 2019, par Sophie Reyssat

Avec la dispersion de la collection de Jean-Pierre Jouve, la maison Osenat s’installe à Versailles.

Vue de la collection Jean-Pierre Jouve.

En attendant le dimanche 20 octobre, consacré au mobilier et aux objets d’art du XVIIIe siècle  que la maison bellifontaine souhaite développer en s’implantant à Versailles, suite à la reprise de la société de ventes Éric Pillon Enchères , la collection de Jean-Pierre Jouve ouvrira le bal des enchères à l’hôtel des ventes du château. Éclectique, elle reflète la personnalité de cet architecte en chef des monuments historiques, qui fut chargé par André Malraux de la restauration du quartier du Marais, à Paris. Un mascaron du Pont-Neuf, taillé dans la pierre au XIXe siècle (2 000/2 500 €), ou le moulage en plâtre d’un panneau de la porte cochère de l’hôtel de Saint-Aignan (1 000/1 500 €) témoigneront de cette époque. De nombreux dessins et tableaux, notamment des œuvres napolitaines, du mobilier Haute Époque, des pièces modernes et naturellement des livres anciens avaient trouvé dans sa demeure le juste emplacement déterminé par l’œil de l’architecte. Celui-ci avait également sélectionné des souvenirs compagnonniques et des maquettes pour son intérieur, comme celle d’un autel en bois sculpté, réalisé dans le sud de la France sous la Régence (600/800 €). Les objets de curiosité et l’art populaire ont également eu sa faveur, à l’image d’un pichet parisien du XIVe siècle.

Une passion volcanique

Le 26 septembre 2019, par Sophie Reyssat

Collectionneur invétéré, Jean-Pierre Jouve a fait de sa demeure un cabinet de curiosités, comprenant un bel ensemble de vues de Naples.

Attribué à Jacob More (1740-1793), Volcan en éruption, toile, 70 97,5 cm (restaurations anciennes, sans cadre).
Estimation : 6 000/8 000 

Une gravure pourrait résumer à elle seule la collection d’œuvres que Jean-Pierre Jouve avait rassemblées dans sa demeure : Rembrandts Kunst Caemer, une eau-forte et aquatinte réalisée par Érik Desmazières en 2007, montrant le cabinet de curiosités du maître, extrapolé à partir de l’inventaire qu’il en avait fait (800/1 000 €). Des souvenirs de compagnons, des objets d’art populaire, des pièces faisant écho à son métier d’architecte en chef des Monuments historiques et des publications érudites côtoient des œuvres d’art, comme une plaque murale en faïence polychrome de Deruta montrant la Crucifixion, façonnée vers 1565 dans l’atelier de Giacomo Mancini (3 000/4 000 €). Les tableaux napolitains ont également retenu l’attention du collectionneur, qui en a réuni un bel ensemble. L’histoire  celle des éruptions du Vésuve entre 1754 et 1855  et l’art s’y entremêlent, comme pour l’ensemble de ses objets choisis. On retrouve ainsi l’esprit encyclopédique de Jean-Pierre Jouve dans son intérêt pour les gravures offrant des vues imprenables sur le cratère du monstre et décrivant son activité éruptive avec force détails (200/350 €). Elles témoignent des débuts de la volcanologie, dont sir William Hamilton, ambassadeur de la couronne britannique à Naples, fut un observateur assidu. Superbement illustré, son Campi Phlegraei publié en 1776 a contribué à faire connaître les vues de Naples dans l’Europe entière  et à en lancer la mode. Le diplomate a assisté à la violente éruption de 1779, comparée à celle ayant détruit Pompéi et Herculanum dix-sept siècles plus tôt. Le peintre d’Édimbourg Jacob More, mentionné à Naples un an auparavant, a également pu en être témoin. Cette toile apocalyptique est attribuée à l’artiste, qui a ultérieurement réalisé plusieurs tableaux d’éruption très remarqués. Une autre colère du Vésuve, celle de 1828, porte la signature de Camillo de Vitto. Une rareté, les gouaches napolitaines du XIXe siècle étant peu identifiées (3 000/4 000 €).

Panorama (avant-vente)

Lequeu et Jouve

Chacun se souvient de la remarquable exposition consacrée à Jean-Jacques Lequeu (1757-1826) par le Petit Palais, qui a fermé ses portes en mars dernier. Légendé «élévation des trois colonnes restantes du temple de Jupiter Stator bâti par Romulus au pied du mont Palatin à Rome» sur son montage ancien, ce dessin à la plume et à l’encre de Chine, rehaussé d’aquarelle (50 38,5 cm à vue, insolé), pourrait à lui seul résumer l’esprit de la collection réunie par Jean-Pierre Jouve : la passion de l’architecture  les échelles de mesure sont indiquées sur cette œuvre  et l’amour de l’art. Pour s’en convaincre, on se rendra à Versailles le dimanche 29 septembre, chez Osenat OVV (voir l'article Une adresse versaillaise pour la maison Osenat de la Gazette n° 31, page 24).
Estimation : 6 000/8 000 

dimanche 29 septembre 2019 - 14:00 - Live
Versailles - Hôtel des ventes du Château, 13, avenue de Saint-Cloud - 78000
Osenat
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