L’univers selon Léopold Survage

Le 05 février 2020, par Caroline Legrand

Après les villes entières que Survage réussissait à faire entrer dans les Rythmes colorés de ses débuts, place à ses espaces cosmiques sans frontière…

Léopold Survage (1879-1968), Paysage cosmique, 1953, caséine sur papier marouflé sur toile,
signé, contresigné et daté, 65 
81 cm.
Estimation : 15 000/20 000 

Toute sa vie, Léopold Survage est demeuré un artiste inclassable, entre cubisme et surréalisme, entre figuration et abstraction. Le peintre d’origine russe a su créer un langage totalement personnel pour délivrer sa vision – poétique – de l’univers, par l’intermédiaire de métaphores et de symboles déchiffrables par le spectateur : un homme interpellant les étoiles, un autre s’enivrant du parfum des fleurs, mais également des poissons, une porteuse d’eau… le tout au cœur d’une scintillante voie lactée. Toute l’humanité et ses prophètes semblent représentés dans ce paysage cosmique, qui utilise une technique initiée dans les années 1930, celle de la peinture à l’émulsion de caséine, substance que le peintre ira chercher jusqu’à Ischia. Un médium durable, utilisé déjà à Pompéi, et ne supportant aucun repentir, que l’artiste emploie volontiers dans les œuvres philosophiques de la fin de sa carrière. Ces compositions mystiques, plus ouvertes et poétiques, concluent un cheminement débuté à Moscou, dans l’atelier de fabrique de pianos de son père, d’origine finlandaise. Léopold Édouard Stürzwage s’inscrit en 1901 à l’école des beaux-arts de la ville, découvre aussi l’impressionnisme français, des œuvres de Matisse chez un collectionneur russe, ainsi que le travail de Larionov. Il participe à plusieurs expositions moscovites d’importance, notamment celle du Valet de carreau en 1910. Cela fait alors deux années que le peintre russe est installé à Paris. Accordeur pour la maison Pleyel grâce à son amie musicienne Wanda Landowska, il est l’élève de Matisse, mais découvre aussi l’art de Cézanne et des cubistes. 1912 est une année décisive pour Survage, avec son exposition au Salon des indépendants aux côtés des cubistes, et le lancement de sa série des «Rythmes colorés» visant à démontrer l’analogie entre les formes visuelles colorées et la musique. Le début d’une carrière internationale, durant laquelle il n’aura de cesse d’exprimer sa propre interprétation des paysages… cubistes et cosmiques.

Agenda
Qu'elle soit d'ici et d'ailleurs, la peinture régnera sans partage. Bernard Buffet mènera la sélection XXe avec une toile de 1988, Les Porcelaines jaunes, acquise directement auprès de la galerie Maurice Garnier à Paris et conservée depuis dans la même collection. Si l'on attend 80 000/120 000 € de cette œuvre, 15 000/20 000 € permettront d'emporter un Paysage cosmique de Survage de 1953, une caséine sur papier marouflé sur toile au séduisant univers onirique (Voir Gazette n°5 page 76), et 25 000/35 000 € pour une encre de Chine, aquarelle et lavis de Paul Delvaux, Le Maître et son modèle, datée vers 1934. Direction ensuite l'Asie en compagnie de Lé Phô avec une gouache sur soie d'une grande tendresse, Mère et enfant (15 000/20 000 €), mais aussi du Coréen Kim En Joong avec une toile abstraite (4 000/6 000 €). L'art contemporain sera illustré notamment par une Composition 185 de Claude Viallat (10 000/15 000 €), une toile du Canadien Riopelle de 1968 (15 000/20 000 € - voir Gazette n° 5 page 20) et une Composition abstraite due en 1988 au Chilien Ramón Vergara-Grez (6 000/10 000 €). 
samedi 15 février 2020 - 14:30
Lille - 14, rue des Jardins - 59000
Mercier & Cie
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