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Serge Charchoune, des formes simples et pures

Le 19 février 2020, par Caroline Legrand

Datée de 1926, cette peinture de Serge Charchoune illustre le tout nouveau changement stylistique de l’artiste, qui abandonne le dadaïsme au profit du purisme.

Serge Charchoune, des formes simples et pures
Serge Charchoune (1888-1975), Nature morte à la figue, 1926, huile sur toile, 31 40 cm.
Estimation : 10 000/15 000 


Deux amphores ventrues de couleur beige encadrent une composition savamment ordonnée de formes rectangulaires, parallélépipédiques ou rondes. Au centre trône la figue noire, qui se détache du camaïeu de bruns. On peut presque ressentir l’effet sous la main de la surface granuleuse de cette toile, de la matière travaillée en relief par Serge Charchoune. 1926 est une année cruciale pour l’artiste, qui décide alors de changer sa manière de peindre. Né en Russie, il a effectué ses études artistiques à Moscou avant d’arriver à Paris en 1912, où il s’inscrit dans l’atelier du cubiste Henri Le Fauconnier. Une influence qui marquera forcément son début de carrière, d’autant qu’à Barcelone, durant la guerre, il côtoie un certain Albert Gleizes. Durant ce séjour catalan, il se lie aussi à un autre artiste, Francis Picabia, qu’il retrouvera à Paris en 1919, où ce dernier le présentera à Tristan Tzara ; il assiste en 1920 au fameux festival Dada de la salle Gaveau. Durant les six années suivantes, il se consacre entièrement à ce mouvement, avec des œuvres dites «mécaniques», inspirées du travail de Picabia. Charchoune fonde même son propre groupe dada, Palata Poetov. Puis il rejoint Berlin, où il crée une revue et rédige une anthologie de poésie dadaïste allemande, française et russe. Pourtant, même s’il est encore à Berlin, il se détourne de ce mouvement et revient à son premier amour, le cubisme. Il peint dans un premier temps des œuvres «ornementales» – selon ses propres mots –, mais se tourne bientôt vers une composition plus rigoureuse, à la faveur de la rencontre, en 1926 à Paris, avec Amédée Ozenfant. Celui-ci prône en effet une peinture puriste qui traite essentiellement des objets du quotidien, et donc du thème de la nature morte. Ces sujets sont choisis pour leur potentiel formel et leur capacité à s’intégrer à des compositions géométriques. Ces dernières sont parfois très complexes, les objets s’imbriquant les uns dans les autres pour révéler une architecture monumentale.
 

Agenda

Une Nature morte à la figue, peinte en 1926 par Serge Charchoune, dominera cette vente avec son estimation de 10 000/15 000 € (Voir Gazette n° 7 page 95). En deçà, on trouvera aussi bien une suite de quatre colonnes monumentales début XVIIIe en marbre rouge de Caunes (2 000/8 000 €) et une gouache sur papier de Jean Dufy figurant Notre-Dame (3 000/5 000 €) que de nombreux bijoux… Ainsi d'une bague en platine sertie d'un diamant moderne de 1 ct, épaulé de six petits diamants baguette, à négocier à 2 000/4 000 €. 

tableaux modernes et contemporains, mobilier et objets d'art
samedi 29 février 2020 - 14:30 (CET)
30-32, avenue Franklin-Roosevelt - 11000 Carcassonne
Carcassonne Enchères
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