Zadkine sous influence cubiste

Le 07 juillet 2021, par Caroline Legrand

S’il est principalement connu pour ses sculptures, Ossip Zadkine s’intéressa également aux arts graphiques, comme en témoigne cette gouache de 1920. Une belle illustration de ses influences.

Ossip Zadkine (1890-1967), Deux femmes nues à la fenêtre, 1920, gouache et encre sur papier, 46 31,5 cm.
Estimation : 35 000/40 000 

Monumentales, ses figures féminines s’imposent au premier plan de cette composition datée 1920, année de la première exposition personnelle de Zadkine dans son atelier parisien — qui ouvre sa période cubiste, longue de cinq ans. Aux formes géométriques des corps répondent les architectures en arrière-plan. Difficile de ne pas penser à Pablo Picasso devant cette œuvre, mais aussi à l’influence manifeste dans l’art occidental d’alors de la sculpture africaine. La culture classique, notamment la Grèce antique, joua également un rôle majeur dans l’élaboration de l’art d’Ossip Zadkine. Son père, professeur de grec et de latin, ne fut certes pas étranger à ce goût, non plus que sa mère Sophie Lester, une descendante d’une grande famille écossaise. Ainsi, s’il est né à Vitebsk, dans l’Empire russe, Ossip a reçu une éducation des plus classiques à 15 ans dans le nord de l’Angleterre, chez un membre de sa famille maternelle. Mais en 1907, il part sans l’autorisation paternelle à Londres, où le jeune homme, épris depuis déjà longtemps de dessin comme de sculpture, s’inscrit au cours du soir du Regent Street Polytechnicum et arpente régulièrement les salles du British Museum. Pour subvenir à ses besoins, il travaille chez des ébénistes, pour lesquels il taille des ornements. Une période finalement formatrice. De retour en Russie, son père le laisse désormais pratiquer la sculpture, décidant même de l’envoyer en France pour devenir un véritable artiste… En 1910, Ossip Zadkine rejoint la cité d’artistes La Ruche, dans le quartier de Montparnasse, au cœur d’une «école de Paris» en plein renouveau, menée par ses nouveaux amis Brancusi, Picasso, Delaunay ou encore Modigliani. Tout comme ces derniers, il recherche une simplification des formes et un retour aux sources de l’archaïsme, qu’il apprécie particulièrement dans les sculptures médiévales du Louvre. Il expose rapidement et attire l’attention de collectionneurs, parmi lesquels Paul Rodocanachi, dès le Salon d’automne de 1913. Après la guerre et son mariage, en 1920, avec la peintre Valentine Prax, la vie reprendra entre les expositions et son installation au 100 bis, rue d’Assas, aujourd’hui son musée.
 

Le Nantais Émile Dezaunay (1854-1938) sera également présent avec cette huile sur toile décrivant une scène traditionnelle bretonne, un Ba
Le Nantais Émile Dezaunay (1854-1938) sera également présent avec cette huile sur toile décrivant une scène traditionnelle bretonne, un Bal bigouden (81 100 cm). 10 000/12 000 € sont à envisager pour son acquisition. Passé par les Beaux-Arts de Paris, où il est l’élève de Pierre Puvis de Chavannes, cet ami de Maxime Maufra expose aux côtés des impressionnistes et des symbolistes en 1892 ses toiles aux sujets populaires, mais au style raffiné et moderne. Il se retirera à Nantes en 1909, après la mort de son fils aîné.
Incontournable en Bretagne, le peintre Henry Moret (1856-1913) sera présent lors de cette vente au travers de deux paysages maritimes, cet
Incontournable en Bretagne, le peintre Henry Moret (1856-1913) sera présent lors de cette vente au travers de deux paysages maritimes, cette Brise, Ouessant, une huile sur toile peinte vers 1907-1910 (60 81 cm), et La Barre, Audierne de 1906 (65 92 cm). Deux œuvres, annoncées à 60 000/80 000 € chacune, témoignant de l’art aux accents impressionnistes de cet adepte de l’école de Pont-Aven.

Si Ferdinand du Puigaudeau (1864-1930) fut longtemps oublié des ouvrages consacrés aux impressionnistes ou aux néo-impressionnistes, il tr
Si Ferdinand du Puigaudeau (1864-1930) fut longtemps oublié des ouvrages consacrés aux impressionnistes ou aux néo-impressionnistes, il trouve sa reconnaissance aujourd’hui, avec une cote flamboyante aux enchères. Tout comme Edgar Degas – qui acheta en 1890 sa toile Un feu d’artifice –, les collectionneurs donnent aujourd’hui leur préférence aux scènes crépusculaires ou nocturnes de Puigaudeau, dans lesquelles son style luministe et romantique s’exprime totalement. En témoigne cette huile sur toile, Le Pouldu, femme allaitant sur la dune 65 x 100 cm), dont on attend 30 000/50 000 €.
Il est plus connu pour ses paysages hivernaux francs-comtois, sa région natale. Pourtant, Jules-Émile Zingg (1882-1942) a également brossé
Il est plus connu pour ses paysages hivernaux francs-comtois, sa région natale. Pourtant, Jules-Émile Zingg (1882-1942) a également brossé quelques beaux panoramas de la Bretagne, comme en témoigne cette marine intitulée La Voile rouge (73 100 cm), une huile sur toile datée vers 1923 qui pourrait atteindre les 15 000/20 000 €. Le peintre est en effet un amoureux de cette région, qu’il a découverte en 1914. Il y séjourne régulièrement les années suivantes, y restant parfois des mois durant. Ce pays, notamment Perros-Guirec, lui inspirera des paysages au style différent, à la palette plus claire, aux formes cernées et aux compositions japonisantes chères à Maurice Denis et Paul Sérusier.
Agenda
Le samedi 17 prendront place quelques grands noms de la peinture des écoles bretonnes (voir Gazette n° 27, pages 72-73). Henry Moret démontrera une nouvelle fois toute la virtuosité de sa touche impressionniste et de sa palette haute en couleur dans deux marines, La Barre, Audierne 1906 et La Brise, Ouessant, attendues à 60 000/80 000 € chacune. C'est grâce à son épouse Jeanne Dauchez que Lucien Simon découvre le Finistère dans les années 1890. Les scènes de la vie quotidienne et familiale à Sainte-Marine deviendront ses sujets picturaux, comme en témoignent des Baigneuses bretonnes dans les rochers de 1913, dont on attend 30 000/50 000 € (voir Gazette n° 27, Une et page 6). Appartenant à l'école de Pont-Aven, le peintre irlandais Roderic O'Conor proposera quant à lui une nature morte, Vase fleuri à la nappe rouge (15 000/20 000 €). On s'éloignera des côtes de granite en compagnie d'Ossip Zadkine avec une gouache, Deux femmes nues à la fenêtre de 1920 (35 000/40 000 €), ou d'un dessin de Francis Picabia, Plus tard, disait-il, plus tard, exécuté au crayon et à l'aquarelle en 1913 (10 000/15 000 €).
samedi 17 juillet 2021 - 14:00 - Live
Brest - Hôtel des ventes, 26, rue du Château - 29200
Thierry - Lannon & Associés
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