Invitation au Pays bigouden avec Mathurin Méheut

Le 16 juillet 2020, par Caroline Legrand

Une peinture signée Mathurin Méheut se distinguera au cœur d’une sélection brestoise entièrement dédiée aux arts de la Bretagne. 

Mathurin Méheut (1882-1958), Le Pardon de Notre-Dame de la Joie en Pays bigouden, caséine sur papier monogrammé, deux panneaux réunis, 66 176 cm.
Estimation : 20 000/25 000 

La carrière de Mathurin Méheut s’est partagée entre Paris, où les galeries et musées lui réservent de belles expositions, et sa très chère Bretagne qui ne cesse d’occuper ses pensées et de l’inspirer. Si la faune et la flore sont une importante source de sujets – comme le prouvent plusieurs dessins présentés dans cette vente à quelques centaines d’euros, mais aussi une gouache intitulée Crabes et oursins à 2 000/2 500 € –, le peintre aime observer et croquer les habitants de sa région, leurs us et coutumes. Comme dans cette peinture décrivant en un grand panorama Le Pardon de Notre-Dame de la Joie en pays bigouden, l’un des événements religieux les plus importants de l’année. Cette œuvre était destinée à illustrer l’ouvrage Broderies en Bretagne de Jean de La Varende, édité en 1947 à Pont-l’Abbé par Marie-Anne Le Minor (1901-1984). C’est dans la collection de cette dernière qu’elle a longtemps été conservée. Célèbre ambassadrice de la mode en pays bigouden dès les années 1930, Marie-Anne Le Minor fut par ailleurs la fondatrice de la Maison le Minor à Pont-l’Abbé, qui promouvait le savoir-faire régional. Elle commença par fabriquer des poupées habillées de costumes traditionnels, de véritables bijoux exposés et vendus partout dans le monde, avant de se lancer dans la broderie, la tapisserie et, enfin, les vêtements folkloriques. Une belle entreprise qui sut profiter du renouveau pour les arts locaux et travailler, tout comme pouvaient le faire les manufactures quimpéroises, en collaboration avec des artistes modernes, à l’instar de Mathurin Méheut.

Agenda
Rendez-vous pour la 17e édition consacrée à « L'âme bretonne » organisée par l'étude brestoise Adjug'Art. Les arts populaires ouvriront le bal avant de céder la place à la sculpture avec un ensemble d'œuvres de Jean Fréour (1919-2010), dont un Jeune éphèbe annoncé à 8 000/12 000 €. On se tournera ensuite vers les cimaises pour y trouver Le Pardon de Notre-Dame de la Joie en pays bigouden de Mathurin Méheut (20 000/25 000 €. Voir Gazette n° 28 page 74), mais aussi Le Marché sur la place Saint-Corentin à Quimper, de Pierre de Belay (3 000/3 500 €), et l'étrange Songe de nuit face aux menhirs, attribué à Yan d'Argent (800/1 200 €). La faïence de Quimper sera représentée notamment par un groupe figurant des mariés à cheval, d'Émile Just Bachelet pour la manufacture Henriot autour de 1930 (1 500/2 000 €), et un autre d'Anie Mouroux, Sainte Anne abritant de sa cape les cinq évêchés, représentés par différents couples de Bretons de chaque région, également vers 1930 pour Henriot (4 000/5 000 €). Les textiles fermeront la marche sous la conduite solennelle d'une belle robe de mariée richement brodée de perles de verre argenté et de sequins, réalisée vers 1870 à Sainte-Anne-la-Palud - Le Porzay (3 000/4 000 €). 
dimanche 26 juillet 2020 - 14:15 - Live
Brest - 13, rue Traverse - 29212
Adjug'Art
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