L'espace selon Jean-Pierre Pincemin

Le 26 novembre 2020, par Caroline Legrand

Jean-Pierre Pincemin structure son espace pictural de modules colorés et géométriques, fidèle à la démarche du mouvement Supports/Surfaces. Démonstration.

Jean-Pierre Pincemin (1944-2005), Sans titre, 1983, huile sur toile signée et datée, référencée « 62 », 195 196 cm.
Estimation : 25 000/35 000 

Passée par la galerie de France à Paris, puis par celle d’Éric Dupont à Toulouse, cette grande huile sur toile de près de deux mètres de côté datée de 1983 appartient à une série de peintures géométriques héritée des « Palissades et Portails », réalisés à partir de 1974 : « J’étais surtout attentif à l’ordre chromatique, sans pour autant délaisser la construction », disait-il. Jean-Pierre Pincemin structure désormais la surface de plans colorés, bandes ou damiers aux délicates nuances, où verticales et horizontales s’opposent. Il effectue un travail préparatoire sur papier millimétré, reportant ensuite sur un autre format le dessin aux proportions exactes. Si ses compositions peuvent laisser croire à une grande précision d’organisation, d’infimes décalages s’insinuent en réalité dans l’alignement des surfaces, notamment des bandes verticales situées sur les côtés afin de simuler le cadre de l’œuvre. Ce jeu sur la perception de l’espace est renforcé par les variantes de couleurs plutôt froides et sobres, qui brouillent également nos sens. Il dénonce la nature trompeuse de la peinture comme fenêtre sur le réel ; lui la voit comme « une mécanique dans laquelle il faut produire des désordres ». Mais cette expérimentation placée sous le signe du mouvement Supports/Surfaces depuis 1971 va bientôt évoluer : dès 1986, on verra réapparaître des figures dans son œuvre.

Agenda
À 25 000/35 000 € seront proposés aussi bien une toile abstraite Sans titre, exécutée en 1983 par Jean-Pierre Pincemin, qu'un paysage d'Hiver le givre, Murol ou neige au soleil, Auvergne d'une grande luminosité et nuance de couleurs sous le pinceau en 1929 de Victor Charreton. On remarquera encore dans cette belle sélection picturale Claire grise de janvier, d'Olivier Debré en 1980, mais aussi deux aquarelles de Paul Signac dont Vaison-la-Romaine, annoncée à 12 000/18 000 €. Une sculpture en pierre signée Alfredo Biagini, figurant Diane chasseresse (10 000/15 000 €), une sculpture en bois signée Leon-Arthur Tutundjian de 1928, Le Signal (8 000/12 000 €), mais aussi un bébé français en porcelaine de fabrication Bru, haut de 59 cm (7 000/10 000 €), illustrent le reste de ce sommaire. 
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