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Paris s’exporte outre-Atlantique

Le 26 mai 2021, par Caroline Legrand

Passé entre les mains de collectionneurs américains, anglais et français, ce tableau de Jean-François Raffaëlli a bien des arguments à faire valoir, dont en particulier son séduisant soleil de printemps illuminant Paris.

Paris s’exporte outre-Atlantique
Jean-François Raffaëlli (1850-1924), Boulevard animé au printemps, Paris, huile sur toile signée, 64,5 81 cm.
Estimation : 100 000/150 000 

C’est fort de son succès parisien, de ses expositions célébrées par tous et de sa toute nouvelle richesse que Jean-François Raffaëlli arrive aux États-Unis en 1895. Il vient de déménager d’Asnières pour la rue de Courcelles, et peut désormais voyager comme il le désire dans toute l’Europe, mais aussi outre-Atlantique. Ce voyage est d’ailleurs un rêve pour le peintre parisien, qui a même appris l’anglais pour l’occasion ! Il va rester cinq mois sur place, invité au départ par l’American Art Association au vernissage d’une grande exposition de ses œuvres, et à participer à une conférence – finalement, il en donnera quatorze ! Son marchand Paul Durand-Ruel l’accompagne, et veille à ses intérêts en organisant des expositions et négociant des ventes. Sa peinture entre naturalisme et impressionnisme plaît en Amérique, d’autant qu’il s’attache de plus en plus aux vues de Paris, qu’il décrit dans une touche toujours plus fragmentée et une lumière abondante. Un second voyage s’offre à lui en 1899. Cette année-là, il est en effet désigné comme membre du jury de l’Exposition internationale du Carnegie de Pittsburgh ; il présente dans cette ville ses Parisiennes sur le boulevard des Italiens. Quelques tableaux, dessins et gravures sont également accrochés chez Durand-Ruel à New York en décembre, pour une exposition qui partira ensuite à Boston, Chicago et Philadelphie. C’est vraisemblablement à l’occasion de l’une de ces dernières qu’Alfred Reginald Allen (1876-1918), célèbre neurochirurgien de Pennsylvanie, a acquis ce Boulevard animé au printemps, Paris. Le tableau passera ensuite par la galerie Richard Green à Londres, avant d’être acquis en 1981 par un collectionneur parisien. Un juste retour à la maison pour l’œuvre de cet artiste qui aura finalement consacré la plus grande partie de sa carrière à décrire des scènes de la vie quotidienne – n’hésitant pas à peindre la misère sociale aux portes de la capitale – et des vues de Paris ou de sa banlieue.

Agenda
Provenant de collections et successions de la région bordelaise et du Sud-Ouest, une importante sélection de tableaux XIXe et modernes prend le chemin des enchères. Il faudra envisager 100 000/150 000 € pour une toile de Jean-François Raffaelli, Boulevard animé au printemps, Paris, provenant de la collection d'Alfred Reginald Allen, un célèbre neurochirurgien pennsylvanien qui l'aurait acquise auprès de l'artiste lors d'une exposition aux États-Unis en 1895 (voir Gazette n° 21, page 127). Le Catalan Santiago Rusinol nous invitera ensuite à une visite de l'Espagne avec une œuvre inédite, Vue de Girona, dont on attend 30 000/50 000 €. Autre découverte est celle du Cours des Fossés à Bordeaux en 1885, œuvre du peintre local Alfred Smith (5 000/6 000 €). On se tournera ensuite vers les arts asiatiques avec un rare panneau de la première moitié du XVIIIe en bois laqué or sur fond noir, déployant une vue de Canton et de la rivière des Perles (4 000/6 000 €), puis vers les meubles et objets d'art avec un Ours polaire debout du sculpteur animalier Georges-Lucien Guyot, numéroté 6/7 et fondu en bronze par Susse Frères (20 000/30 000 €). 
samedi 05 juin 2021 - 11:00 - Live
12-14, rue Peyronnet - 33800 Bordeaux
Briscadieu
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