Sené ou l’art du siège à l’époque Louis XVI

Le 01 avril 2021, par Caroline Legrand

Restée dans son état d’origine, cette bergère provient du mobilier de Madame Élisabeth pour le pavillon de Flore. Une assise princière attribuée au grand Jean-Baptiste-Claude Sené.

Attribué à Jean-Baptiste-Claude Sené (1748-1803), bergère en bois laqué du mobilier royal de Madame Élisabeth au pavillon de Flore, aux Tuileries, étiquette d’origine à l’encre indiquant « pour le service de Madame Élisabeth aux Tuileries – Cabinet de l’entresol n° 108 », 92,5 68 71 cm.
Estimation : 20 000/25 000 

Le pavillon de Flore fut construit sous Henri IV. Il se situait à l’angle du palais des Tuileries, au nord, et de la Grande Galerie du palais du Louvre, à l’est. Il servait d’ailleurs à relier ces deux grandes demeures royales. Au moment de la Révolution française, Louis XVI et toute sa famille furent obligés de revenir à Paris, au palais des Tuileries. La sœur du roi, Madame Élisabeth, s’installa alors au premier étage du pavillon de Flore. Elle y fit venir plusieurs pièces de son mobilier privé, disséminé notamment à Versailles et au château de Montreuil. Parmi elles, cette bergère, qui garnissait le cabinet de l’entresol du pavillon. Lors d’une vente révolutionnaire, en 1794, elle fut acquise par la famille N. L. de C., qui l’a conservée jusqu’à ce jour. Si elle ne porte aucune estampille, une attribution à Jean-Baptiste-Claude Sené semble s’imposer au regard de sa qualité, sachant également que le menuisier a largement collaboré à l’ameublement pour la sœur de Louis XVI du château de Montreuil, en 1788. Une structure élégante, des consoles d’accotoirs détachées, un décor épuré en frise à motifs de feuillages et de perles : voici les caractéristiques qui ont fait de Jean-Baptiste-Claude Sené l’un des menuisiers les plus prodigieux de la fin du XVIIIe siècle. Il confie par ailleurs le travail de sculpture à des artistes de qualité, notamment à Pierre Laurent, qui pourrait être l’auteur du décor de cette bergère. Sous l’impulsion de l’intendant général des meubles de la Couronne, Thierry de Ville-d’Avray, Sené participa aux commandes les plus prestigieuses de 1785 à 1791, qui avaient pour but de renouveler en grande partie le mobilier des demeures royales et d’imposer le nouveau style à la mode. À son actif, on recense des commandes pour Versailles, pour le cabinet du roi à Compiègne, pour son salon de jeu à Fontainebleau, pour la chambre de la reine Marie-Antoinette, et enfin pour Saint-Cloud, toujours en faveur du couple royal.

Agenda
Ce menu pascal s'annonce volontiers éclectique en proposant aussi bien des violons – signés Collin-Mezin, Sartori ou Mougenot – qu'un exceptionnel face-à- main en or jaune en partie amati, aux branches torsadées entre deux motifs de feuilles d'acanthe et reliées à un disque fleuri (1 500/2 000 €), ou un rare cabinet XVIIe attribué à Pierre Gole, en placage d'ébène et à décor ciselé d'après des gravures de Georg Pencz d'Horatius Coclès défendant le pont (3 000/4 000 €)La section du mobilier sera encore garnie d'une exceptionnelle bergère Louis XVI attribuée à Jean-Baptiste Séné, en bois laqué, ayant appartenu à Madame Élisabeth (10 000/15 000 €). La peinture ancienne sera également à l'honneur avec un Portrait de chasseur peint en 1792 par l'artiste originaire de Bayeux Robert Lefevre (8 000/12 000 €). 
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