Un Henri Simmen de la collection Louise Boulanger

Le 24 juin 2020, par Caroline Legrand

Ce vase en grès illustre tout ce que l’on aime chez Henri Simmen : le raffinement, la simplicité et l’aspect organique. Avec de surcroît la provenance de la collection de la modiste parisienne Louise Boulanger.

Henri Simmen (1880-1963), vase couvert en grès à épais émail rouge orangé, couvercle d’origine floriforme en ébène sculpté, signé sous la base, h. 8,6 cm.
Estimation : 4 000/6 000 

Son travail est reconnaissable entre tous. À la fin des années 1920, ses céramiques prennent un aspect de plus en plus oriental et adoptent des couleurs éclatantes, comme son célèbre rouge intense obtenu à partir de la plaquemine. Les créations d’Henri Simmen sont bien plus que des vases, et les collectionneurs les ont depuis longtemps reconnues comme des sculptures. Ce fut le cas de la modiste Louise Boulanger, qui acheta ce vase couvert dans les années 1930 : un grès à corps sphérique godronné et petit col rentré à épais émail rouge orangé, d’à peine dix centimètres de hauteur, qui adopte une forme naturelle proche de celles des cucurbitacées. Son orientation artistique extrêmement moderne offrit à Henri Simmen un succès incontestable. Outre la couleur vive et cette surface à la texture vivante si caractériques, le vase se termine par un subtil couvercle en forme de fleur en ébène sculpté – élément décoratif d’une grande délicatesse. Les céramiques de Simmen s’accompagnent parfois d’éléments en ivoire réalisés par son épouse Eugénie O’Kin, dans un style japonisant. Une orientation stylistique qu’il adopta lui-même suite à un voyage en Extrême-Orient après la Première Guerre mondiale, entre 1919 et 1921, qui lui permit de découvrir les grès chinois, coréens et japonais et d’approfondir les techniques de cuisson et d’émaillage... mais aussi celles du façonnage à la main qu’il appliqua en France, à partir de 1923, dans son atelier du Midi, près de Marseille

Agenda
Les arts des XXe et XXIe siècles seront en majesté avec une grande toile peinte en 2009 par Patrick Mckinney, Archway, à l'hyperréaliste très énigmatique et provenant de la galerie luxembourgeoise Zidoun-Bossuyt (12 000/18 000 €), mais aussi une table d'appoint de Jean Dunand en bois laqué noir à plateau carré et angles en pans coupés, provenant de la collection de la modiste parisienne Louise Boulanger dans les années 1930 (10 000/15 000 €)… les côtoiera un vase couvert d'Henri Simmen en grès, à corps sphérique godronné et couvercle en ébène floriforme (4 000/6 000 €). Du XVIIe siècle, on admirera la toile d'un artiste flamand sur le thème de La Sainte Famille, d'après une œuvre de Jacob Jordaens (5 000/8 000 €), mais aussi une boîte ronde couverte en vermeil posant sur piédouche à contours, décorée en repoussé de trois cartouches feuillagés et de guirlandes de fruits entre deux frises de feuilles d'acanthe, issue d'un travail de l'orfèvre Johann Mittnacht I à Augsbourg vers 1680-1684 (4 000/6 000 €). 
mardi 30 juin 2020 - 18:30
Saint-Jean-de-La-Ruelle - Salle Saint-Jean, 12, rue Jean-Nicot - 45140
Philocale
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