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Valtat et les fleurs

Le 11 mars 2020, par Caroline Legrand

Permettant d’audacieux mélanges de couleurs, la nature morte occupe une place privilégiée dans l’œuvre du peintre fauve Louis Valtat.

Valtat et les fleurs
Louis Valtat (1869-1952), Anémones et jonquilles au pichet vert, vers 1916, huile sur toile, 55 46 cm.
Estimation : 8 000/12 000 

La nature morte consent à la multiplication de touches formant les pétales, sans que le dessin soit pour autant négligé : un terrain de jeu idéal pour le coloriste qu’était Louis Valtat. Datée vers 1916, cette toile appartient à une partie de sa carrière durant laquelle sa peinture atteint une forme de sérénité, ses sujets se concentrant sur sa famille, sa maison et ses fleurs. Une période apaisée dont l’artiste transmet l’harmonie dans son travail, conservant toujours, à l’image de ce bouquet, une belle palette se détachant parfaitement sur un fond monochrome et un cadrage rapproché, qui happe le regard du spectateur. Durant sa carrière, Valtat a participé à de nombreux mouvements d’avant-garde picturale. Après des études au lycée de Versailles, il entre à l’académie Julian en 1888, où il côtoiera les futurs nabis Sérusier, Bonnard, Denis, Vuillard et André. Il adopte leur théorie et abandonne la touche pointilliste. Pourtant, il se détache du groupe dès l’exposition des Indépendants de 1896, par la violence de ses couleurs et la spontanéité de sa peinture – loin de l’art très intellectualisé d’un Maurice Denis. Finalement, lors du Salon d’automne de 1905, son travail est associé à celui des peintres de la fameuse «cage aux fauves», tels Matisse ou Derain. De nature très indépendante, Louis Valtat proposera finalement un style homogène tout au long de sa vie, dominé par la quête de l’émotion.

Agenda
Avec ses jaunes, rouges, violets et verts, le bouquet d'Anémones et jonquilles au pichet vert de Louis Valtat attirera de nombreux regards et provoquera une belle bataille d'enchères, qui pourrait la mener à 8 000/12 000 €. Le reste du sommaire sera très homogène avec une tapisserie d'Aubusson du XVIIIe siècle, à décor de faisans et verdure (1 500/2 000 €), une Nature morte à la coupe de fruits sous le pinceau de Celso Lagar (même estimation) et une toile naturaliste de Louis Auguste Girardot, Femme debout tenant un bouquet de fleurs des champs (800/1 200 €). Pour ceux voulant égayer leur table, citons la présence également d'une partie de service en faïence de Gien du modèle « Rambouillet », à décor d'animaux et pouvant s'obtenir à 1 500/2 000 €.
samedi 14 mars 2020 - 14:15
64, rue du Faubourg-Madeleine - 45000 Orléans
Hôtel des Ventes Orléans- Madeleine
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