Un Majorelle redécouvert

Le 17 juin 2020, par Caroline Legrand

Dénichée lors d’un inventaire successoral dans les communs d’un château en Sologne, cette huile sur carton sortie de l’oubli a été peinte en 1927 par Jacques Majorelle.

Jacques Majorelle (1886-1962), La Kasbah du caïd Larbi Dardoui ou Tamgout, vallée du Souss, 1927, huile sur carton, signée, datée et située, 50 61 cm.
Estimation : 15 000/25 000 

Voici un bel exemple de la production du célèbre peintre orientaliste dans les années 1920, peu après son installation au Maroc, en 1917, en raison de problèmes de santé. Si cette œuvre fut déclarée perdue pendant plus d’une cinquantaine d’années, elle était connue des spécialistes, figurant dans l’ouvrage monographique de Florent Fels Majorelle peintre du Sud, paru en 1931 chez L’Art et les artistes, et bien sûr dans le répertoire de l’œuvre peint de l’artiste, publié en 2019 par Félix et Amélie Marcilhac aux éditions Norma. Après avoir passé quelques années à Marrakech, le peintre décide en 1921 d’élargir son champ d’activité, et de partir à la rencontre des cités de l’Atlas, dans le sud du pays, au cœur de la région des « mille kasbahs ». Il obtient une autorisation exceptionnelle de voyager dans le pays, devenant l’un des premiers artistes à s’aventurer dans ces contrées isolées du monde extérieur, accompagné seulement d’un aide pour porter le chevalet et d’un autre pour le parasol. Il y découvre les villes couleur ocre à l’architecture cubiste sculptées dans la glaise et multiplie les séances de travail, variant les points de vue et les lumières, afin de saisir au mieux l’âme de ces cités millénaires et de leurs habitants. Ses compositions se distinguent de celles de ses contemporains par une simplification des formes, mais aussi par une approche singulière de la monumentalité qui donne toute leur grandeur aux paysages. Les couleurs en aplats, brossées, rappellent l’art de la fresque, les cadrages ceux de la photographie, un médium que le peintre utilise beaucoup comme support, notamment les clichés de Jean Besancenot et Jacques Belin. Si Majorelle demeure basé dans sa villa mauresque de Marrakech, construite en 1923, il séjourne régulièrement dans l’Atlas, qui reste l’un des sujets de prédilection de ses peintures alliant une stylisation décorative à des compositions chromatiques nuancées et vibrantes, d’où émanent spiritualité et authenticité.

Agenda
Peintre nancéien installé au Maroc, Jacques Majorelle sera ici l'invité d'honneur avec une huile sur carton de 1927, La Kasbah du caïd Larbi Dardoui ou Tamgout, vallée du Souss, qui pourrait atteindre les 15 000/25 000 € (voir Gazette n° 24, page 156). On proposera par ailleurs des lots plus classiques comme une tapisserie française de la fin du XVIe des Ateliers de la Marche, Aubade à la joie (6 000/8 000 €), un dessin à la pierre noire, lavis gris et lavis brun sur le thème de La Toilette de Vénus, de Charles-Joseph Natoire (3 000/4 000 €), et une table trictrac Louis XVI en acajou, estampillée Claude Mathieu Magnien (1 800/2 000 €). Signalons enfin, pour ceux qui aiment l'art nouveau, la présence d'un vase en grès à décor de feuilles en bas relief, aux anses formées par deux boutons de fleur (3 000/4 000 €). 
dimanche 28 juin 2020 - 14:00 - Live
Blois - 32, avenue Maunoury - 41000
Pousse-Cornet
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