De Carmontelle à une fontaine de la fonderie du Val d’Osne

Le 28 mai 2020, par Caroline Legrand

De délicats transparents de Carmontelle côtoieront une monumentale fontaine de la fonderie du Val d’Osne.

Fonderie de Ducel ou du Val d’Osne, fin du XIXe siècle. Fontaine monumentale en fonte de fer et tôle, trois bassins à frise de canaux, diam. 280 cm, h. 400 cm.
Estimation : 30 000/50 000 

Topographe pour l’armée au début de sa carrière, lecteur au service du duc d’Orléans, auteur dramatique, organisateur de fêtes ou architecte-paysagiste, Louis de Carmontelle est un homme aux multiples talents (voir l'article Carmontelle ou l’illusion animée de la Gazette n° 6 du 14 février, page 23). Ses peintures, véritables galeries de portraits de la société de son temps, garnissent les musées français, et les Parisiens le connaissent comme le créateur du parc Monceau, alors possession du duc de Chartres, futur Philippe Égalité. Mais ce sont sans doute ses transparents qui font de Carmontelle un artiste à part, un inventeur de génie. Dans les années 1780, il se lance dans les jeux d’optique. Après les panoramas, dioramas et lanternes magiques, il met au point ces transparents, peintures monumentales qu’il réalise seul durant des heures, debout face à ces papiers de plusieurs dizaines de mètres de longueur posés sur une vitre. Il compose un véritable spectacle, qui pouvait durer jusqu’à une heure, grâce à un système de manivelle et à une boîte placée devant une lumière naturelle ou artificielle, dans laquelle défile le transparent enroulé. Une histoire qui a pour protagonistes la noblesse et la haute bourgeoisie de son époque. Monumentalité et inventivité sont également les maîtres mots de cette fontaine, réalisée à la fin du XIXe siècle par la fonderie du Val d’Osne. Ces ateliers situés en Haute-Marne furent créés en 1836 par Jean-Pierre-Victor André (1790-1851). Jusqu’aux années 1900, sa société fut la plus importante dans le domaine de la fonderie d’art. D’une productivité battant toute concurrence, elle pouvait également s’enorgueillir d’un travail de qualité qui attira de nombreux artistes. André a d’ailleurs reçu une médaille à l’Exposition universelle de 1851, à Londres. L’entreprise a continué de s’agrandir après 1855 sous la direction de Gustave Barbezat, se distinguant à la fin du siècle avec la réalisation du pont Alexandre-III et des fameux entourages d’Hector Guimard pour le métro parisien. Une époque à laquelle correspond la réalisation de cette impressionnante fontaine de près de trois mètres de hauteur, à décor d’enfants, enfants-tritons et hérons, dans le goût du sculpteur classique Charles-Antoine Bridan (1730-1805).
 

 
Louis Carrogis, dit Carmontelle (1717-1806), Paysage panoramique des campagnes de France, transparent, aquarelle et gouache, sur plusieurs
Louis Carrogis, dit Carmontelle (1717-1806), Paysage panoramique des campagnes de France, transparent, aquarelle et gouache, sur plusieurs feuilles Whatman assemblées, entourées par une bordure noire, 32 616 cm (deux vues reproduites).
Estimation : 30 000/50 000 
Agenda
À 30 000/50 000 € vous attendent le samedi aussi bien un transparent déroulant panoramique XVIIIe de Louis Carrogis, dit Carmontelle (1717-1806) – constitué de plusieurs feuilles de papier transparent assemblées et peintes à la gouache et à l'aquarelle de vues champêtres, semées de bâtiments et folies, animées de 128 personnages de la société aristocratique (voir Gazette n° 6, page 23) –, qu'une fontaine monumentale fin XIXe, de la fonderie de Ducel ou du Val d'Osne, en fonte de fer et tôle à décor d'enfants-tritons, hérons et d'enfants dans le goût de Charles-Antoine Bridan (voir Gazette n°21, page 112). Parmi les tableaux, meubles et objets d'art du XVIIe au XIXe en lice, on remarquera encore Le Passage de la mer Rouge d'un peintre de l'école anversoise du XVIIe de l'atelier de Frans Francken II, à 15 000/20 000 €, et une rare commode milieu XVIIIe de l'ouest de la France, en muira cataria moulé et sculpté, autour de 7 000/10 000 €. 
samedi 06 juin 2020 - 14:00 - Live
Chartres - Galerie de Chartres, 7, rue Collin-d'Harleville - 28000
Ivoire - Galerie de Chartres (Lelièvre, Maiche, Paris)
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