Un sourire ravageur signé Carpeaux

Le 21 juillet 2021, par Caroline Legrand

Avec son Pêcheur à la coquille, Jean-Baptiste Carpeaux réalise son premier grand succès, en 1858, et rend par la même occasion hommage à son maître François Rude.

Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875), Le Pêcheur à la coquille n° 1, épreuve ancienne en terre cuite, signée « JB Carpeaux » en lettres cursives, cachet « Propriété Carpeaux » à l’aigle impériale et datée 1898, 85 37,5 46 cm.
Estimation : 12 000/15 000 

Une scène pittoresque, d’un réalisme à l’humanisme touchant : Jean-Baptiste Carpeaux abandonne avec cette œuvre les sujets idéalisés et classiques, pour offrir une vision naturaliste. Lorsqu’il la réalise, en 1858, le jeune artiste séjourne à Rome, au sein de la villa Médicis. C’est le souvenir d’une scène à laquelle il a assisté un an plus tôt sur une plage napolitaine qui l’inspire, mais également une sculpture de son célèbre maître François Rude. Ce dernier, membre du mouvement romantique, fut en effet l’auteur en 1829 d’un Jeune pêcheur napolitain jouant avec une tortue qui marqua la critique, notamment par son visage d’une grande douceur et au lumineux sourire, rappelant celui de l’ange de la cathédrale de Reims ou encore des modèles de Léonard de Vinci ou de Caravage. D’ailleurs, Jean-Baptiste Carpeaux se fait envoyer un moulage de cette tête à Rome, afin de lui rendre le plus beau des hommages. Il fera parvenir au Salon de 1859 une version en bronze de sa création, dont l’original en plâtre est aujourd’hui conservé au musée d’Orsay. Le succès de cette sculpture amènera son auteur à la faire éditer par son atelier en deux dimensions, en terre cuite, à partir de 1872. Le fondeur Susse reprendra de plus cette édition entre 1920 et 1939. Carpeaux ira jusqu’à en réaliser des variantes, avec ses Têtes de pêcheur à la coquille.

Agenda
D'une toile de l'école flamande du XVIIIe siècle par un suiveur de Simon Renard de Saint-André, Nature morte à la sphère armillaire, aux coquillages et aux livres (6 000/8 000 €), à une peinture sur soie chinoise du XVIIIePivoines et feuillages (4 000/5 000 €), il y en aura pour tous les goûts aux cimaises de cet hôtel des ventes. Les amateurs d'art asiatique porteront également leur choix sur un grand paravent en papier à six feuilles japonais de l'école de Tosa, à l'époque d'Edo (1603-1868) : représentant l'histoire du prince Genji Monogatari, celui-ci fut acheté en 1974 à la galerie Perret-Vibert (3 000/4 000 €). Pour ceux préférant la sculpture classique française, signalons la présence d'une épreuve ancienne en terre cuite de Jean-Baptiste Carpeaux, Le pêcheur à la coquille n° 1, qui pourrait accepter 12 000/15 000 €. 
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