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Othon Friesz, le dernier Fauve

Le 26 octobre 2021, par Vanessa Schmitz-Grucker

Proche de Georges Braque et de Raoul Dufy, Othon Friesz se fond dans le paysage des avant-gardes dès son arrivée à Paris. Lorsqu’il exécute, en 1907, ce Paysage avec arbres, le fauvisme est à son apogée.

Othon Friesz,  le dernier Fauve
Othon Friesz (1879-1949), Paysage avec arbres, 1907, huile sur toile, 73 60 cm.
Estimation : 190 000 CHF


C’est au Havre, sa ville natale, qu’Othon Friesz débute sa formation de peintre à l’âge de 13 ans. À l’école municipale des beaux-arts de la ville, il est, avec ses camarades Georges Braque et Raoul Dufy, nourri à l’impressionnisme par Charles Lhuillier. Il arrive à Paris en 1897, dans l’atelier de Léon Bonnat aux Beaux-Arts, et découvre l’œuvre de Camille Pissarro, une influence décisive. Il glissera peu à peu d’un travail réaliste, naturaliste, vers le fauvisme. 1907 – date de réalisation de ce Paysage avec arbres – est une année charnière dans son œuvre : si les accents fauves sont encore bien présents, les volumes sont simplifiés autour d’un agencement élémentaire des lignes. Dans les marines de ce fils de capitaine passionné par la mer comme dans les paysages, il modère sa palette au profit de masses aux tons beige et ocre orangé, ponctuées de rouge, de rose ou de violet. Les lignes sombres viennent souligner les formes. Le ciel comme le sol sont ici rapidement brossés au moyen de coups de pinceaux visibles, peu chargés en pigments. C’est au contact de Matisse, rencontré pendant sa formation aux Beaux-Arts, mais aussi, en 1906, lors d’un voyage à Anvers avec Braque, que Friesz opère une rupture dans son style classique, une libération du geste qu’il achève au cours de l’hiver 1906-1907 lors d’un séjour à La Ciotat. Friesz et Braque travaillent ensemble les mêmes vues. Le présent tableau attire le regard sur un groupe d’arbres baignés d’une lumière chaude. On y reconnaît précisément le style rythmique caractéristique de Friesz, empreint de larges coups de pinceaux dessinant des arabesques, qui diffèrent du traitement plus géométrique de Braque. L’année suivante, en 1908, alors que ce dernier rejoindra Picasso et le cubisme, Friesz reviendra à une touche plus impressionniste imprégnée de l’énergie fauve. Les huiles de 1906-1907 comptent parmi les plus prisées sur le marché : elles forment le top 4 de l’artiste et se sont fixées à deux reprises autour d’1 M€.

vendredi 05 novembre 2021 - 10:00
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