Armand, ébéniste du Roi-Soleil

Le 21 mai 2020, par Sophie Reyssat

Un coffret marqueté d’écaille et d’ivoire met en lumière le travail de Jean Armand à la cour de Versailles.

Attribué à Jean Armand (vers 1600-1670), coffret en marqueterie d’écaille et d’ivoire, à décor de rinceaux et d’oiseaux, pentures en bronze doré et argenté à motifs de bustes féminins et de mascaron dans des entourages de guirlandes et d’animaux, vers 1650-1660, 16,5 35 24 cm.
Estimation : 10 000/15 000 € 

La célébrité d’André-Charles Boulle, et dans une moindre mesure de Pierre Gole, ne doit pas éclipser le talent des autres ébénistes de Louis XIV. Certains meubles de 1645-1670 attribués au second pourraient ainsi être dus à Jean Armand. Spécialiste de l’ébénisterie de cette époque, l’historien d’art Calin Demetrescu a consacré une étude à cet artisan, dont la seule référence connue a longtemps été une mention dans les Comptes des Bâtiments du roi. De son vrai nom Jan Ghermaens, d’origine germanique ou flamande, il devient menuisier du roi en 1640, et travaille en outre pour Gaston d’Orléans et Anne d’Autriche. Au moment de son décès, son atelier comptait quatre établis. Son stock montre qu’il utilisait aussi bien les essences précieuses et les bois locaux que l’étain, l’ivoire et l’écaille, en vogue sur les marqueteries après 1650. Ces deux derniers matériaux se retrouvent sur ce coffret, dont le décor d’oiseaux dans des rinceaux est également présent sur une paire de cadres en partie et en contrepartie vendus en ventes publiques. Ils s’affichent également sur les vantaux d’un cabinet réalisé vers 1655, sans doute de provenance royale étant donné ses ornements de fleurs de lys, conservé au Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis. Le raffinement du règne de Louis XIV s’exprimera également à travers une toile de Portraits d’enfants, dont un enfant tenant un oiseau (113 x 87 cm), attribuée à Alexis Simon Belle. Reçu à l’Académie en 1703, cet élève de François de Troy a immortalisé les grands personnages des cours de France et de Pologne dans une veine charmante rappelant celle de Mignard (15 000/20 000 €). Pour un imposant bureau Mazarin ouvrant à sept tiroirs, en noyer et bois fruitiers dessinant un décor d’encadrements et de réserves, également orné de mascarons de bronze, il faudra prévoir autour de 7 000 €. 

Agenda

Retour au temps des rois avec une tapisserie montrant une chasse au cerf inspirée d’Oudry, tissée à Bruxelles vers 1745 dans les ateliers Leyniers-Reydams (20 000/25 000 €). Grand classique de l'époque Louis XV, une commode tombeau en amarante, ouvrant à quatre tiroirs sur trois rangs encadrés d'espagnolettes de bronze, est attendue autour de 17 500 €. Elle est estampillée « IMC », probablement pour Jean-Mathieu Chevallier. Une pendule en bronze doré, accueillant deux enfants chinois en porcelaine dans un entourage de fleurs (autour de 7 000 €), fera merveille sur son plateau de marbre brèche d’Alep. Dans la même estimation, place au faste italien, grâce à un miroir doté d’un spectaculaire cadre sculpté en bois doré, multipliant les enroulements et ponctué d’un masque grotesque. Aux cimaises, remonter jusqu’au XVIIe siècle permettra d’apprécier un Choc de cavalerie attribué à Peter Meulener (6 000/8 000 €), et un coffret d’ivoire et d’écaille donné à Jean Armand (12 500 € environ).

samedi 23 mai 2020 - 14:00 - Live
Versailles - Hôtel des ventes du Château, 13, avenue de Saint-Cloud - 78000
Osenat
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