Le Vietnam éternel par Nguyen Phan Chanh

Le 08 octobre 2020, par Claire Papon

Signée Nguyen Phan Chanh, cette scène de marché devrait recevoir un bel accueil si l’on en juge par la faveur dont jouissent les artistes de l’Ecole des beaux-arts de Hanoï ces dernières années.

Nguyen Phan Chanh (1892-1984), Scène de marché, 1937, aquarelle et encre sur soie, 57,5 77 cm.
Estimation : 80 000/120 000 €

Les semaines se suivent et se ressemblent-elles ? Le 22 septembre dernier, sous le marteau de Lynda Trouvé, un grand panneau de Nguyen Van Ty, Hoi Dinh Chèm (La Fête du village), pulvérisait son estimation et trouvait preneur à 832 000 € (voir l'article Nguyen : la laque vietnamienne en fête de la Gazette n° 32, page 50 ). Preuve que les amateurs ayant un lien avec ce pays apprécient autant les laques que les œuvres sur soie. Notre scène de marché a été acquise par un administrateur en poste en Indochine dans les années 1930, et est restée dans la famille par voie de succession. Si le sujet de ces femmes devant des étals, portant un panier ou des marchandises, la plupart coiffées du grand chapeau traditionnel, est puisé dans la simplicité de la vie quotidienne, l’interprétation de l’artiste est originale. Tout semble calme et presque feutré. Les personnages sont absorbés dans leurs tâches et aucun ne semble prêter attention au spectateur. Sous le pinceau de Nguyen Phan Chanh, ils deviennent de grands aplats, des volumes dont il joue en une savante géométrie. Les couleurs claires font écho aux tons marron si caractéristiques de l’auteur. L’œuvre démontre sa maîtrise incontestable de la peinture sur soie, qui lui permet de rendre avec finesse les détails comme les yeux et les coiffures. Peintre le plus emblématique du Vietnam, Nguyen Phan Chanh est né dans une famille de lettrés confucéens dans la province de Hà Tinh. Après un enseignement classique à Hué, il intègre la première promotion de l’École des beaux-arts d’Indochine, en 1926, avec ses compatriotes Le Van De, Lé Phô et Mai-Thu. Lingères, enfants jouant devant des damiers, musiciennes, planteuses de riz ou pêcheuses de crabes, couturières, femmes au lavoir ou lavant des légumes, marchandes de riz ou de bétel, notre artiste a fait de la figure féminine son sujet de prédilection, saisissant une pause, captant les gestes les plus simples. Sa vision est intimiste, ses scènes familières. Le Vietnam d’hier et d’aujourd’hui…

Panorama (avant-vente)

Hommes des Lumières

Rien d’étonnant à voir réunis Pierre-Paul Prudhon (1758-1823) et Jean-Jacques Rousseau (1712-1778). Le premier, de son vivant l’un des peintres français les plus célèbres de l’époque napoléonienne, fut un émule du philosophe. Excellant également dans l’art de l’illustration, il a travaillé pour l’imprimeur Didot à des gravures destinées à orner des œuvres de Virgile, Racine, Bernardin de Saint-Pierre et l’auteur de La Nouvelle Héloïse. Un ouvrage dont il représente une scène sous le portrait du philosophe, portant la mention Vitam impedere vero («consacrer sa vie à la vérité»). L’heure de vérité sonnera vendredi 16, salle 4 à Drouot, chez Mirabaud – Mercier (cabinet de Bayser expert), où notre dessin au crayon noir et au lavis gris (16 11 cm) est annoncé entre 15 000 et 25 000 €.

Agenda
L'enchère qui pourrait le récompenser est inversement proportionnelle à ses dimensions… C'est à hauteur de 15 000/25 000 € qu'est espéré un petit dessin au crayon noir et lavis gris (16 x 11 cm) de Pierre-Paul Prudhon figurant un Portrait de profil de Jean-Jacques Rousseau pour un projet de vignette. Un peu plus loin, 12 000/15 000 € sont demandés d'une Marine avec vaisseaux hollandais de Ludolf Backhuizen daté 1685, tout comme d'une toile de Jacob Storck, Littoral méditerranéen au caprice architectural. 8 000/10 000 € et 8 000/12 000 € sont attendus respectivement d'un Portrait d'homme en buste dans un ovale sculpté en trompe l'œil de Joseph Wright of Derby et de celui du Grand-Duc Pavel Petrovich enfant portant les ordres de Saint-André et de Saint-Alexandre Nevsky. Plusieurs vitrines attendent les amateurs de faïences et de porcelaines (Delft, Meissen, Moustiers, Angoulême, etc). Le meilleur résultat de l'après-midi est espéré entre 80 000 et 120 000 € sur une Scène de marché à l'aquarelle et encre sur soie de Nguyen Phan Chanh. Une plaque centrale de croix en bronze, travail du Rhin supérieur de la première moitié du XIIe siècle, pourrait trouver preneur autour de 8 000/10 000 €, tandis qu'un grand tapis bakthiar (4,10 x 3,15 m) vers 1880 nécessitera 12 000/15 000 €.
vendredi 16 octobre 2020 - 14:00 - Live
Salle 4 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Mirabaud - Mercier
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