Hubert Robert dans la campagne romaine

Le 17 juin 2020, par Claire Papon

Rustique mais comme toujours délicate, cette toile d’Hubert Robert montre la filiation de l’artiste avec ses compagnons de route en Italie, l’abbé de Saint-Non et Fragonard.

Hubert Robert (1733-1808), Berger et ses chiens surveillant leur troupeau depuis un tertre, huile sur toile, 42,6 62,5 cm.
Estimation : 25 000/30 000 

C’est sans doute pendant son second séjour dans la Péninsule, en 1773-1774, que celui que ses contemporains ont surnommé «Robert des ruines» réalise ce tableau, témoignage de l’activité des bergers dans la campagne romaine. Il s’inspire d’une gravure de Jean Baptiste Claude Richard, abbé de Saint-Non (1727-1791), La Sortie de la bergerie (conservée au musée du Louvre), elle-même reprise de la composition du dessin de Fragonard, La Sortie du troupeau (visible au musée Fabre de Montpellier). On retrouve dans celles-ci nos deux chiens regardant au loin, l’homme appuyé sur son bâton, et même la construction des nuages. Ces périples en Italie furent extrêmement formateurs, pour Fragonard comme pour notre peintre, où ils furent pensionnaires (de 1756 à 1761) au palais Mancini et se lièrent avec Saint-Non. De son premier séjour (1754-1765), Robert rapportera des milliers de dessins, matière à de nombreuses compositions. Comme son pendant La Rentrée du troupeau (localisation inconnue), cette toile a appartenu à la collection Pierre Decourcelle (1856-1926), grand auteur de la littérature populaire de la Belle Époque et amateur de tableaux et de dessins du XVIIIe siècle. Lors de la vente de sa collection les 29 et 30 mai 1911, à la galerie Georges Petit, elle recueille 4 500 F. Le 9 mai 1952, à la galerie Charpentier, elle est poussée jusqu’à 650 000 ! Notre berger est «enveloppé dans sa limousine rouge et coiffé d’un feutre noir où il a piqué deux petites plumes… À droite, le tronc d’un arbre brisé épuise la dernière énergie de sa sève à pousser quelques brindilles aux feuilles légères…», lit-on dans le catalogue de 1911. Une description poétique qui fait écho au tableau lui-même…

Agenda
Pas moins de deux œuvres de François Boucher sont annoncées : une sanguine ayant fait partie des collections Biéville-Noyant et Chennevières, Le Dîner (20 000/30 000 €) et une toile ayant appartenu au vicomte Beuret, Le Joueur de vielle (40 000/60 000 €, voir Gazette n° 22, page 20). À leurs côtés, une séduisante Tête de jeune fille (pendant de celui vendu par la maison Daguerre le 29 mars 2019, Tête de jeune garçon, et qui, estimé 6 000/8 000 €, était poussé jusqu'à 154 880 €) du Bolonais Giovanni Antonio Burrini est annoncée à 18 000/20 000 €, tandis qu'un Berger et ses chiens surveillant leur troupeau nécessitera 25 000/30 000 €. Comptez 4 000/6 000 € pour une Vierge à l'Enfant en résineux polychrome de l'école hispano-flamande du début XVIe, tout comme pour un large canapé corbeille à châssis en bois naturel sculpté Louis XV de Claude Sené, 2 000/3 000 € pour une curieuse statuette en ivoire attribuée à Jean-Léon Gérôme, exécutée dans la seconde partie de sa carrière, Jeune femme assise ayant figuré dans la collection Maurice Fenaille.
mardi 23 juin 2020 - 14:30 - Live
Salle 2 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Daguerre
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