Un Marin-Marie panoramique

Le 01 juillet 2020, par Caroline Legrand

Inédite sur le marché, cette impressionnante marine de près de trois mètres de largeur devrait provoquer une belle bataille d’enchères pour une œuvre signée Marin-Marie.

Marin Marie Paul Emmanuel Durand Couppel de Saint-Front, dit Marin-Marie (1901-1987), Trois-mâts barque portant secours à un clipper anglais sur mer formée, huile sur toile signée, 124 296 cm.
Estimation : 100 000/120 000 

Marin Marie Paul Emmanuel Durand Couppel de Saint-Front surfe depuis une quinzaine d’années sur la vague de la mode pour les peintres de la mer et du voyage. Cet artiste parfaitement connu depuis la rédaction de plusieurs ouvrages consacrés à sa carrière et à son œuvre, dont Marin-Marie, peintre et navigateur par Roman Petroff (Chasse-Marée, 2003), mais aussi grâce à l’exposition organisée par le musée de la Marine de Paris en 1989, compte aujourd’hui parmi les plus recherchés dans son domaine. Au vu de l’engouement pour ses grands formats, l’estimation sera-t-elle pulvérisée ? À suivre. En attendant, intéressons-nous de plus près à cette toile provenant d’une collection privée bretonne et décrivant en un grand panorama un Trois-mâts barque portant secours à un clipper anglais sur mer formée. Le type de navire n’est certes pas anodin pour Marin-Marie. C’est sur le trois-mâts barque du commandant Charcot, le Pourquoi-Pas ?, que l’artiste effectue son service militaire en 1925, à l’âge de 24 ans. Cette expédition en Arctique aura une influence majeure sur sa carrière ; l’ancien élève aux Beaux-Arts, plutôt habitué à peindre des paysages, en rapporte des carnets remplis de croquis, et la volonté de devenir peintre de la Marine. Ces navires possèdent des mâts gréés en voiles carrées à l’avant et au centre, tandis que celui de l’arrière présente une brigantine à corne et une flèche. Malgré l’invention des bateaux à moteur, ils n’ont jamais complètement disparu, servant tantôt de navire-école, tantôt à l’initiation et à la découverte. Le trois-mâts barque de ce tableau pourrait être la Reine Blanche, construite en 1896 sur les chantiers Laporte, à Grand-Quevilly, et lancée le 30 avril par des armateurs nantais ; ils lui firent réaliser plusieurs tours du monde avant son rachat, en 1902, par la compagnie maritime française Bordes et Fils, pour effectuer des traversées vers le Chili afin d’en rapporter du salpêtre, le nitrate de potassium servant à la confection d’explosifs. Durant ses nombreux voyages, il lui arrivait de secourir des navires de toutes nationalités, comme ce clipper anglais. Des sauvetages qui illustrent la solidarité entre marins, si chère au peintre.

Agenda
Avec ses trois mètres d'envergure, une impressionnante marine signée Marin-Marie, Trois-mâts barque portant secours à un clipper anglais sur mer formée, accaparera les regards et soulèvera une belle tempête d'enchères (100 000/120 000 €). Des styles variés seront encore proposés, comme l'abstraction avec une toile de Georges Mathieu, intitulée Viso et peinte en 1969 (12 000/18 000 €), ou l'art déco avec Les Poissons d'André Margat – membre du groupe des Douze avec d'autres célèbres artistes animaliers tels Pompon et Jouve –, un panneau en palissandre à décor marqueté en laque noire, or et coquille d'œuf de 1927 (3 500/4 000 €). On remarque par ailleurs un bronze signé Émile Pinedo, Vedette au désert (4 000/6 000 €), une paire de bougeoirs en argent exécutée à Paris en 1737-1738 par Guillaume Ledoux (4 000/5 000 €) ou encore une malle de voyage Louis Vuitton du début du XXe (2 500/3 000 €). 
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