L’Amour maternel par Le Guerchin

Le 22 juillet 2020, par Caroline Legrand

Les dessins du Guerchin garnissent en quantité les collections des musées européens. Celui-ci s’ajoute ainsi à ce prestigieux ensemble marqué par la spontanéité et la sensibilité de l’artiste italien du XVIIe siècle.

Giovanni Battista Barbieri, dit le Guerchin (1591-1666), Vierge à l’Enfant, plume et encre brune, lavis brun, 13 14,5 cm.
Estimation : 8 000/10 000 

Auparavant attribué à Carlo Maratta, comme l’indique une annotation postérieure au crayon noir, ce dessin au lavis est désormais donné par les experts à Giovanni Battista Barbieri, dit le Guerchin, l’artiste souffrant de strabisme. On reconnaît en effet la manière du peintre particulièrement marquée par le travail des Carrache à Bologne, par ce courant à la fois classique et naturaliste qui devait faire de nombreux émules en Italie, puis dans toute l’Europe au XVIIe siècle. Le Guerchin y ajoute bientôt sa propre vision, sensible voire sentimentale, particulièrement mise en valeur dans des sujets bien choisis, décrivant des tête-à-tête entre deux saints ou des portraits, comme ceux, nombreux, des saints Jérôme ou François. Car ce qui l’intéresse avant tout est l’expression des sentiments. Comme dans cette Vierge à l’Enfant, elle passe par l’élaboration d’une composition au cadrage serré sur le haut du corps, et d’une véritable interaction entre les deux personnages, tournant leurs visages avec affection l’un vers l’autre. Selon le spécialiste Nicholas Turner, ce dessin pourrait être mis en relation avec le grand retable de La Vierge et l’Enfant adoré par saint Joseph, saint Augustin, saint Louis et saint François, peint par le Guerchin en 1617-1618 et aujourd’hui conservé aux Musées royaux des Beaux-Arts à Bruxelles.

Agenda
Après une vente classique sans prix de réserve le vendredi 7 août, marquée par quatre fauteuils XVIIIe en noyer mouluré et gravé de croisillons (200/300 €) et deux bas-reliefs en bronze fin XIXe de Léon Perzinka, à décor de jeunes femmes assises (100/150 €), s'annoncera le samedi une vente de bijoux, meubles, tableaux et objets d'art de qualité. Une montre Rolex Sea Dweller double Red en acier double écriture rouge de 1971-1972, qui résistait à des profondeurs trois fois plus importantes que la Submariner de l'époque, devrait s'y imposer à 70 000/80 000 €. Aux cimaises séduiront une Vierge à l'Enfant du Guerchin  (1591-1666) exécutée à la plume, à l'encre brune et au lavis brun (8 000/10 000 €), une paire de pastels du peintre lyonnais du XVIIIe Jean Pillement (10 000/15 000 €), mais aussi un dessin au crayon cire sur papier de Joan Miró, Sans titre, les Essences de la Terra, de 1968 (8 000/10 000 €). Un piano-forte Érard Frères du XIXe siècle (5 000/7 000 €), un bronze d'Émile André Boissea, Le Troubadour (2 000/2 500 €), mais aussi le cap d'international de rubgy du joueur du Stade Français Julien Combe, qui joua pour l'équipe de France en 1910 et 1911 (1 500/2 000 €), compléteront le programme.  
samedi 08 août 2020 - 09:00,14:00
Nîmes - 21, rue de l'Agau - 30000
Ivoire - Hôtel des ventes de Nîmes
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne