Les beautés silencieuses

Le 18 juillet 2019, par Caroline Legrand

Dans la lignée de Jan Davidsz de Heem, Joris Van Son s’est spécialisé dans le genre des pronkstilleven, ces natures mortes initiées à Anvers dans les années 1640, d’un style très ornemental, composées d’objets luxueux mais aussi de nombreux fruits et parfois d’êtres vivants.

Attribué à Joris Van Son (1623-1667), Jambon, panier de fruits et verrerie sur un entablement, huile sur toile, 85 90 cm.
Estimation : 12 000/15 000 

Anversois de naissance, Joris Van Son devint maître de la guilde de Saint-Luc vers 1643. Nous n’avons pas d’informations sur sa formation mais son style s’apparente à celui du peintre Jan Davidsz de Heem, qui vivait dans la cité flamande dans les années 1630. Bien que mort assez jeune, à 44 ans, il eut une brillante carrière et ses œuvres furent très appréciées des collectionneurs, tels le peintre Victor Wolfvoet ou le marchand Geraert Van Dorth. Il faut dire que ses natures mortes étaient très en vogue à l’époque. Bien qu’elles fassent preuve d’ostentation, elles peuvent également être interprétées comme des peintures de vanité, véhiculant une morale par l’intermédiaire de nombreux objets à forte signification symbolique. Ainsi, à côté des porcelaines importées du bout du monde et des verreries, rendant hommage au travail des artisans des Flandres, se distinguent, dans cette composition, la rose posée au premier plan et le jambon entamé, rappelant l’aspect éphémère de l’existence et de ses plaisirs, qu’ils soient visuels ou charnels. D’autres éléments se rapportent à la vie de Jésus, comme les cerises  un fruit réservé aux tables des riches, au XVIIe  symbolisant le sang du Christ, et le pain rompu, associé à l’eucharistie et à la charité.

jeudi 22 août 2019 - 11:00
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