La figuration, de van Goyen à Combas, en passant par Buffet

Le 22 juillet 2020, par Caroline Legrand

Réalisée en 1955, cette peinture signée Bernard Buffet appartient à une série d’une dizaine de portraits de collectionneurs chers à l’artiste.

Bernard Buffet (1928-1999), Portrait de Monsieur Hervé Ségard, 1955, huile sur toile signée et datée, 116 81 cm.
Estimation : 120 000/150 000 

Paysages et natures mortes de Bernard Buffet sont omniprésents sur le marché ; ces thèmes seront d’ailleurs également représentés lors de cette vente avec la présentation d’une toile de 1998, Fleurs sur fond vert, estimée 75 000/100 000 €, et d’une autre de 1975 montrant les Environs de Cher, le chêne vert en automne, parc du château de Vieille-Ville (65 000/85 000 €). Mais les portraits sont bien plus rares. Aussi celui de Monsieur Hervé Ségard devrait-il attirer bien des regards. Il appartient à une série d’une dizaine de portraits réalisée en 1954 et 1955 de la propre initiative du peintre, et non suite à des commandes, afin de rendre hommage à divers collectionneurs l’ayant soutenu dans sa jeune, mais déjà fort prometteuse, carrière. Rappelons que Buffet n’a que 27 ans en 1955. Cela fait neuf ans déjà qu’il a présenté son premier tableau, en 1946 à la galerie des Beaux-Arts, un autoportrait. Dès l’année suivante, il organise sa première exposition personnelle à la galerie Drouant-David, et un an après, signe un contrat avec le galeriste Emmanuel David, plus tard partagé avec Maurice Garnier. Pierre Descargues lui a consacré un ouvrage en 1949. En 1955, Buffet remporte le vote lancé par le magazine Connaissance des arts sur les meilleurs peintres de l’après-guerre. Même sombre et provocateur, son style figuratif, à l’opposé de la mode pour l’abstraction, a dû lui attirer les suffrages. Personnage attachant et mondain, Buffet a séduit de nombreux collectionneurs. Ainsi parmi la dizaine de cette série de 1955 figuraient notamment Jérôme Bungener, Christian Dior, Jean Masurel, Charles Im Obersteg et Hervé Ségard. Ce dernier était un industriel belge, père de Diane Venet, femme de l’artiste contemporain Bernar Venet. À la différence de ses premiers portraits, tel celui, célèbre, de Pierre Bergé en 1950, s’amorce avec ces œuvres une évolution vers la couleur, mais aussi vers des effets plus décoratifs, à l’image de ce fond de tapisserie vert à fleurs rouges, que l’on retrouve dans tous les portraits de la série et dans quelques autres d’anonymes, comme La Femme au verre de vin. Un brin de frivolité et de douceur, qui lui va finalement très bien…
 

50 000/60 000 € seront à envisager pour emporter ce panneau circulaire d’Abel Grimmer (vers 1570-av. 1619) sur le thème de L’Adoration des
50 000/60 000 € seront à envisager pour emporter ce panneau circulaire d’Abel Grimmer (vers 1570-av. 1619) sur le thème de L’Adoration des Mages. Signée et datée de 1611, cette peinture appartient à l’une des séries de tondi réalisées par le peintre flamand sur les mois de l’année, en parallèle avec des scènes bibliques. Ainsi, janvier, avec son paysage de neige, est associé à la naissance du Christ et à l’adoration des Mages. Ses œuvres réalistes et populaires sont proches de la grande tradition amorcée par Pieter Bruegel l’Ancien.
La peinture ancienne sera également présente à Cannes avec ce paysage maritime de Jan van Goyen (1596-1656), montrant un Estuaire de riviè
La peinture ancienne sera également présente à Cannes avec ce paysage maritime de Jan van Goyen (1596-1656), montrant un Estuaire de rivière avec bateaux naviguant et pêcheurs. Ce panneau parqueté de 27,5 41,5 cm, monogrammé « VG » et daté « 1653 », est présenté avec une estimation de 50 000/60 000 €. Il fournit une belle illustration de l’art de ce peintre hollandais de marine qui révolutionna le genre par un style plus naturaliste, centré notamment sur le traitement du ciel, souvent très nuageux, et sur une utilisation magistrale de la monochromie, qui confère une rare atmosphère à ses œuvres.
Voici une œuvre fourmillante et humoristique, comme nous y a habitués Robert Combas (né en 1957). Daté de 2002 et intitulé C’est ta faute,
Voici une œuvre fourmillante et humoristique, comme nous y a habitués Robert Combas (né en 1957). Daté de 2002 et intitulé C’est ta faute, cet acrylique sur toile est annoncé à 100 000/150 000 €. Une estimation qui s’explique aussi par les dimensions impressionnantes de cette œuvre du chef de file de la figuration libre : 241 295 cm. Combas s’identifie à cet étrange chevalier combattant une machine. « Je me suis défendu avec ma force de petit nabot », a-t-il commenté, avant de conclure qu’il ne sait plus bien ce qu’il dit. Un intrigant chevalier de l’âge moderne !
Lors de cette vente sera proposé un ensemble d’œuvres provenant de la collection de Jo Pasquali, l’héritier de Jean Marais (1913-1998), ma
Lors de cette vente sera proposé un ensemble d’œuvres provenant de la collection de Jo Pasquali, l’héritier de Jean Marais (1913-1998), mais aussi celui qui l’a formé à l’art de la poterie à Vallauris. On trouvera aussi bien un Portrait de Jean Marais par Christian Bérard, à 2 000/3 000 €, que cette Tête de lion en bronze signée Jean Marais et numérotée 8/8  (54 47 15 cm, 4 000/5 000 €). Il convient de mentionner aussi un imposant buste en bronze et marbre blanc (h. 94 cm) réalisé par Pierre Calvi, en 1871 : Selika, l’esclave africaine annoncé à 25 000/30 000 €, faisait partie de la collection privée du mythique comédien, artiste et collectionneur dans l’âme.
samedi 15 août 2020 - 14:30 - Live
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