Décoration du salon de Michel-Hubert Descour

Le 08 juillet 2020, par Caroline Legrand

Cinq panneaux ayant décoré le salon du peintre Michel-Hubert Descours, à Bernay, seront dispersés. Un bel exemple de l’art de la grande décoration au XVIIIe siècle, mais aussi du talent de cet élève d’Hyacinthe Rigaud.

Michel-Hubert Descours (1707-1775). Ensemble de cinq panneaux décoratifs peints en camaïeu de bleu, huiles sur toile signées et datées « Descours pinxit 1755 », h. 157, l. de 56 à 169 cm.
Estimation : 40 000/50 000 € l’ensemble

Faisant partie de la suite de huit panneaux décoratifs que le peintre Michel-Hubert Descours réalisa en 1755 pour le salon de sa maison à Bernay, située rue Grand-Bourg, ces cinq peintures en camaïeu de bleu représentent une Paysanne trayant des vaches (157 168 cm), des Bergers jouant du flageolet (157 56 cm), des Villageois cueillant un essaim d’abeilles (157 169 cm), Le Jeu de la perche (157 120 cm) et Berger et bergère dansant au son du tambourin (157 75 cm). Autant de scènes champêtres narrant le bonheur de vivre dans cette ville ancestrale et prospère de l’Eure où le peintre a vu le jour, le 12 septembre 1707, et est retourné s’installer définitivement quelques années après la naissance de son fils Michel-Pierre, en 1741. Ce provincial, issu d’une famille de notables de la région, ne goûte guère la vie frivole parisienne et revient donc dans sa région natale, où sa réputation l’a précédé. Il n’a aucun mal à trouver une clientèle fidèle auprès de la bourgeoisie locale, de plus en plus nombreuse et friande de ses portraits, mais aussi de ses sujets religieux et de ses trumeaux décoratifs. Il faut dire qu’il a appris son métier auprès d’un des plus grands maîtres de son temps, Hyacinthe Rigaud (1659-1743) ; installé à Paris en 1731, il entra rapidement dans l’atelier du portraitiste de Louis XIV. De celui-ci, il conservera le goût du portrait, mais aussi des étoffes et des couleurs. On compte à l’actif de ce travailleur acharné de nombreuses œuvres dans sa région, dont des décorations pour plusieurs maisons de Bernay, notamment en camaïeu bleu, c’est-à-dire à l’imitation des camées au décor ton sur ton. Une technique très à la mode en ce milieu de XVIIIe siècle dans tous les domaines, de la peinture aux arts décoratifs en passant par la porcelaine, et dont la pratique se poursuivra avec l’épanouissement du goût pour les arts antiques.

mardi 14 juillet 2020 - 14:00 - Live
Louviers - 28, rue Pierre-Mendès-France - 27400
Prunier
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