Dalí, artiste jusqu’au bout de la moustache

Le 17 juillet 2019, par Caroline Legrand

Provenant de la succession Mafalda Davis, ce dessin daté de 1950 témoigne de tout l’humour de Salvador Dalí, mais aussi du personnage que l’artiste catalan s’est créé.

Salvador Dalí (1904-1989), Les Moustaches de Dalí, 1950, encre de Chine rehaussée de gouache rouge, 20 40 cm.
Estimation : 30 000/50 000 €
© Salvador Dal
í, Fundacio Gala-Salvador Dali / ADAGP, Paris 2019

Ancienne dame d’honneur de la reine Fawzia, épouse du roi Farouk, Mafalda Davis fut l’une de ces personnes qui perçurent tout le potentiel de Salvador Dalí, du point de vue artistique, mais aussi financier. Avec le soutien de la compagne de l’artiste, Gala, elle lui commanda dans les années 1960 plusieurs bijoux et autres «produits dérivés», tel que cravates, cartes postales ou parfums, afin d’en inonder les grands magasins. À cette époque, la réputation de Dalí était à son plus haut, grâce notamment aux prolifiques années passées aux États-Unis. Réfugié là-bas durant la Seconde Guerre mondiale, l’artiste espagnol exposa au MoMa, publia son autobiographie, fit du cinéma et rencontra les personnalités les plus influentes de cette époque  de Jean Gabin à Helena Rubinstein, en passant par Alfred Hitchcock, pour qui il réalisa des décors. La course aux dollars et l’élaboration du culte de l’artiste-star finirent par le brouiller avec le groupe surréaliste, mené par André Breton. Pour le personnage qu’il se construisait à destination du public, sa moustache devint un élément emblématique. En témoigne ce dessin, d’ailleurs annoté avec quelques fautes de français, «ça ne peut être vendu à moine que une mille dollars». Le maître avoua lors d’une interview qu’il utilisait des dattes afin que ses moustaches restent en pointe, avant de découvrir, place Vendôme chez Pinot, une «pommade hongroise». Taillé «en croc», ce symbole de son extravagance est en fait un emprunt à un autre grand peintre espagnol, Diego Vélasquez. Dalí écrivit d’ailleurs un livre titré Les moustaches radar, sorte de journal intime des années 1955 à 1960. Celles qu’il décrivait tantôt oscillantes tantôt décadentes, tantôt enroulées, tantôt remontées, étaient ainsi un symbole de sa créativité et de sa sensibilité hors norme. Et elles font toujours parler d’elles puisque dans la désormais célèbre série «Casa de papel», l’un des braqueurs porte un masque à l’effigie du maître.

Agenda
Le salon impérial de l'hôtel du Palais sera le théâtre d'une vente de prestige marquée en matinée et l'après-midi par une belle sélection de bijoux comprenant notamment des modèles XIXe ornés de diamants de taille ancienne et, en soirée, par le passage de tableaux dont un dessin de Salvador Dalí à envisager à 30 000/50 000 € et une Élégante au piano du peintre Louis Legrand.  
dimanche 11 août 2019 - 10:30
Biarritz - Hôtel du Palais, 1, avenue de l'Impératrice - 64200
Biarritz Enchères
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