L’inséparable ami du peintre

Le 01 avril 2021, par Caroline Legrand

Francis Picabia a eu de nombreuses vies, tout comme les chats ! Néo-impressionniste, dada ou surréaliste, il est toujours resté un amoureux des animaux.

Francis Picabia (1879-1953), Portrait de chat, vers 1923-1927, aquarelle sur trait de crayon sur papier, signée, 27 24 cm.
Estimation : 4 000/6 000 

Mystérieux félin, animal indépendant que l’on veut apprivoiser, le chat a séduit de nombreux peintres du XXe siècle et pas des moindres, de Foujita à Pierre Bonnard, en passant par Picasso ou Henri Matisse. S’il véhiculait des légendes et des peurs aux siècles précédents, il devient à l’époque moderne l’inséparable compagnon de l'artiste dans la solitude de l’atelier. Daté des années 1920, ce chat réaliste est apparu bien avant le retour de Francis Picabia à la figuration classique. Rappelons que la carrière de ce dernier a débuté à l’aube du XXe siècle ; sa peinture portait alors les couleurs du néo-impressionnisme. Mais l’audacieux peintre décide de changer de vie. Avec le soutien de son épouse Gabrielle Buffet, il s’intéresse aux nouvelles recherches plastiques, l’abstraction, le cubisme, le fauvisme, et vers 1911 se place sous l’influence de Marcel Duchamp. Après les ready-made, il se laisse séduire par le dadaïsme au contact de Tristan Tzara. Peu à peu, Picabia renoue cependant avec le goût de la peinture, et la figuration reprend le dessus dans les années 1920. Après les « Transparences », dans lesquelles des chats pointent déjà le bout de leur nez, l'artiste réalise de nombreux portraits féminins à partir des années 1930, mais aussi des chats, de plus en plus réalistes, dans lesquels il renoue avec le plaisir du dessin pur, la tradition classique ingresque de la ligne.

Agenda
Francis Picabia démontrera une fois de plus l'aspect protéiforme de son talent. Il a en effet réalisé dans sa carrière aussi bien des collages dadaïstes que des compositions surréalistes, mais aussi des Portraits de chat à l'image de celui de 1923-1927 à l'aquarelle, présenté lors de cette vente avec une estimation de 4 000/6 000 € (Voir Gazette n°13, page 112).  Il sera accompagné d'une sélection de verreries modernes mais aussi de netsuke dont un exemplaire japonais du XIXe en ivoire représentant une Tigresse regardant vers l'arrière et protégeant ses petits (3 000/4 000 €). A ses côtés aux cimaises figurera également une toile peinte par Gustave Vanaise en 1879 Personnages dans le goût du XVIe (1 500/2 000 €). Signalons enfin du côté des sculptures Une danseuse au XIIe siècle en bronze de Charles Georges Ferville-Suan prisée 3 000/4 000 €.  
samedi 10 avril 2021 - 14:30 - Live
Saint-Raphaël - Hôtel des ventes « Le Montségur », 60, avenue Eugène-Félix - 83700
Var Enchères - Arnaud Yvos
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne