Ramiro Arrue : aux couleurs du Pays basque

Le 13 juillet 2021, par Caroline Legrand

Empruntons une nouvelle fois le chemin du trinquet Haïzburu à Guéthary pour une vente d’art régionaliste, avec en tête d’affiche l’incontournable Ramiro Arrue.

Ramiro Arrue (1892-1971), Partie de pelote, huile sur panneau signée, dans un cadre en chêne sculpté réalisé par Louis Malagarie, 136,2 165,5 cm.
Estimation : 60 000/80 000 

Quelle scène plus parlante, plus emblématique de la culture basque, que cette folle partie de pelote ? Le sportif divertissement est une adaptation des différents jeux de balle connus, tels que le jeu de paume. C’est au XIXe siècle que ses règles se fixent réellement, tout comme son terrain bien particulier, fermé par un fronton et des lignes. La pelote peut se jouer en intérieur ou en extérieur (les trinquets accueillaient d’ailleurs à l’origine ces parties). On peut jouer à mains nues ou avec un gant, ce dernier adoptant différentes formes ou tailles, la grande chistera, ou cesta punta en espagnol, étant le modèle le plus imposant. Représentée dans cette peinture, elle ressemble à un panier confectionné en châtaignier et osier tressé. Le pelotari est saisi par Ramiro Arrue en pleine action, s’apprêtant à relancer la balle contre le mur dans un geste circulaire, auquel font écho la forme du fronton mais aussi celle du panneau en demi-cercle. Provenant d’une collection privée de Bayonne, cette peinture se présente de plus dans son cadre d’origine, en chêne sculpté et inscrit de la formule de bienvenue : Hemen sartzen dena bere etchean da (« Celui qui entre ici est chez lui »). On le doit à Louis Malagarie, collaborateur habituel de Benjamin Gomez pour les menuiseries, notamment à l’occasion de l’exposition des Arts décoratifs de Paris de 1925. Une gouache préparatoire à cette œuvre inédite est reproduite en page 101 de l’ouvrage Ramiro Arrue - Terre d’avant garde, terre ancestrale, réalisé sous la direction de Claude Menges (Pin à crochets éd., Pau, 1996). Des mises en page parfaitement construites, des formes stylisées et monumentalisées, un choix de couleurs restreint mais éminemment symbolique… sont les composantes du style de l'artiste. On les retrouve dans cette peinture, mais aussi dans les autres signées de sa main présentes à cette vente : la nature morte titrée La Musique basque, attendue à 35 000/40 000 € (40,3 79,7 cm), et la scène traditionnelle Kotilun Gorri et les enfants (37,6 45,3 cm). Peinte à l’huile sur carton et estimée 15 000/20 000 €, elle met en scène le personnage burlesque, vêtu en femme, houspillant les enfants de son fouet durant les fêtes locales.

Agenda
Les artistes basques prendront le chemin bien connu du trinquet de Guéthary pour une vente exceptionnelle dont la vedette sera une fois de plus Ramiro Arrue. Figureront de lui plusieurs peintures dont une Partie de pelote à 60 000/80 000 € (Voir Gazette n°28, page 45), une nature morte, Maitia nun Zira ou la Musique basque (35 000/40 000 €), et une scène traditionnelle, Kotilun Gorri et les enfants (15 000/20 000 €) : une œuvre préparatoire à un tableau aujourd'hui conservé au Musée basque de Bayonne, décrivant ce personnage burlesque habillé en femme qui houspille les gens avec un fouet. Parmi ses camarades en lice, nous mentionnerons Henri Achille Zo nous proposant contre 45 000/50 000 € une grande toile verticale haute de plus de deux mètres, figurant un Bouvier basque à Bidart, et Pablo Tillac invitant moyennant 20 000/30 000 € à observer une Pelote basque, les joueurs de Joko Garbi. La sculpture sera quant à elle illustrée au travers d'un bas-relief en plâtre de Lucien Danglade, Pêcheur luzien et Kaskarote (6 000/6 500 €), et le mobilier par un buffet art déco, de Benjamin Gomez et Lucien Danglade (5 000/6 000 €).  
samedi 24 juillet 2021 - 14:30
Guéthary - 680, Chemin du Trinquet - 64210
Carrère & Laborie
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