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Miró et Cuttoli : le renouveau de la tapisserie

Le 02 juin 2021, par Claire Papon

Elle se présente presque comme un tableau avec son châssis et son cadre mais il s’agit d’une tenture tissée à la main à trois exemplaires.

Miró et Cuttoli : le renouveau de la tapisserie
Joan Miró (1893-1983), Escargot, femme, fleur et étoile, 1934-1936, tapisserie tissée à la main sous la direction de Marie Cuttoli, ateliers Delarbre, 200 172 cm.
Estimation : 100 000/150 000 €, Adjugé : 121 600 €

© Successió Miró / Adagp, Paris, 2021

La toile qui servit de modèle à cette tapisserie a été réalisée en 1934, au retour de Miró à Barcelone, et se trouve aujourd’hui au Musée national centre d’art Reina Sofía à Madrid. Le carton –
de la main de l’artiste –, exécuté à la même époque, appartient à une collection particulière. Trois exemplaires seulement verront le jour dans les ateliers Delarbre à Aubusson. Tissés à la main, comme aux siècles passés, ils ont nécessité chacun six à huit mois de travail. Cette œuvre de longue haleine fascine Miró, et répond à l’exigence de Marie Cuttoli (1879-1973), qui veut respecter les nuances insolites de la palette des peintres. Après une enfance passée à Tulle, c’est au contact des brodeuses de la médina de Philippeville en Algérie, dont son mari Paul Cuttoli est maire, que Marie Bordes sent naître sa vocation. Elle commande dans un premier temps à des artistes, comme Natalia Gontcharova, des modèles de robes qu’elle fait exécuter sur place, puis ouvre un atelier à Sétif, où les jeunes brodeuses exécutent des cartons demandés à des peintres comme Lurçat, Picasso, Matisse, Léger, Dufy, Braque, Rouault, Le Corbusier et Miró. Tissées, les œuvres sont exposées dans sa boutique, Myrbor (pour Myriam Bordes son nom de jeune fille), rue Vignon, dans le quartier de la Madeleine, devenue la galerie Jeanne Bucher-Myrbor. Marie Cuttoli réalisera quatre tapisseries de Joan Miró avec Delarbre 
: Personnages avec étoiles (1933), Personnages rythmiques (1934), Hirondelle amour (1933-1934) et Escargot, femme, fleur et étoile (1934). Un exemplaire de notre tapisserie a appartenu au peintre lui-même, qui l’avait accroché dans sa maison familiale à Palma de Majorque, le deuxième n’est pas localisé (réserve d’un musée ou collection privée ?), le troisième est le nôtre. Acheté 52 000 F (28 510 € en valeur réactualisée) le 27 avril 1978 à la vente de la collection Louis Carré au palais d’Orsay orchestrée par Ader-Picard-Tajan, il est conservé dans la même collection européenne. Un atout supplémentaire…

Panorama (avant-vente)

Plantes grimpantes

Le 02 juin 2021, par Claire Papon
Plantes grimpantes

40 000/60 000 € seront nécessaires pour s’offrir, jeudi 10, salle 9 à Drouot, chez Tessier & Sarrou et Associés, cette aquarelle (non titrée, 72 47 cm) de Sam Szafran (1934-2019). Exécutée en 1987, elle rappelle sa passion pour les tableaux de végétation depuis qu’en 1976 il avait entrepris de rehausser à l’aquarelle ses lithographies réalisées dans l’atelier de Piero Crommelynck, comme Degas avec ses monotypes. «Mon obsession des plantes a trouvé là depuis quinze ans son meilleur terrain pour s’exprimer. Ces grandes aquarelles sont le négatif du positif des pastels des feuilles bleues des années 1970. Elles sont issues des réactions en chaîne qui provoquent des déviances continuelles», expliquait cet éternel chercheur et découvreur, qui n’hésitait pas à mélanger quelques gouttes de fiel de bœuf à de l’aquarelle pour créer des irisations.

Agenda
Premier moment de l'après-midi, un acrylique sur toile de Hans Hartung de 1971. L'œuvre, intitulée T 1971, R5, a figuré dans des expositions à la galerie Maeght à Zurich en 1973 et au Centre d'art international à Milan la même année. Elle est estimée 60 000/80 000 €. Un peu plus loin, on tentera sa chance sur une étude à l'encre et mine de graphite de Fernand Léger pour La Ville, 1955 (20 000/30 000 €), une aquarelle de végétation de Sam Szafran de 1987 (40 000/60 000 €), une tapisserie de Joan Miró, Escargot, femme, fleur et étoile tissée à trois exemplaires au début des années 1930 sous la direction de Marie Cuttoli (100 000/150 000 €). Sans oublier trois assiettes de Picasso figurant des visages de faune. La première est en faïence blanche (tirée à 150 exemplaires), la deuxième en argent (6/6), la dernière en or 23 ct (4/20). Elles ont été réalisées dans les ateliers de François Victor-Hugo et sont estimées respectivement 8 000/10 000 €, 25 000/30 000 € et 12 000/15 000 €.
jeudi 10 juin 2021 - 14:00 - Live
Salle 9 - Hôtel Drouot - 75009
Tessier & Sarrou et Associés
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