En famille avec Nonnotte

Le 08 octobre 2020, par Caroline Legrand

Ce tableau de Donatien Nonnotte, resté dans la descendance de l’artiste, en Alsace, jusqu’à aujourd’hui, met en avant le talent de ce portraitiste installé à Lyon.

Donatien Nonnotte (1708-1785), Charles Joseph Chossat de Montessuy (1740-1806), officier au régiment lyonnais, et son épouse Marguerite Hubert de Saint-Didier (1749-?), 1769, huile sur toile signée et datée, cadre en bois doré et sculpté du XVIIIe, 83 103,5 cm.
Estimation : 20 000/25 000 

Charles-Joseph Chossat, seigneur de Montessuy, épouse en 1767 Marguerite Hubert de Saint-Didier. Le couple vit dans le château de la Rochette, situé dans les environs de Lyon. On le retrouve ici en pleine conversation dans le salon, l’heureux mari sans doute de retour d’une promenade avec son chien, tenant un bâton à la main. Sa femme l’accueille, lui ouvrant avec plaisir les bras. Une belle vision de l’amour familial, placé au cœur des valeurs du XVIIIe siècle, complétée par le tableau en arrière-plan représentant leur fils Victor, enfant dodu âgé d’un an environ (1768-1846). L’intérieur est à la fois intime et pleinement réfléchi, avec un riche miroir sculpté, une table à écrire, une élégante tasse en porcelaine de Sèvres à motifs de fleurs et, sur la table recouverte d’une nappe blanche, un joli nécessaire de couture avec une boîte à aiguilles, soulignant la femme d’intérieur parfaite que devait être Marguerite Hubert de Saint-Didier. Donatien Nonnotte est devenu maître dans le portrait. Originaire de Besançon, il arrive à Paris en 1728 afin de compléter sa formation auprès du peintre du roi, François Lemoyne. Ce dernier perçoit le talent de son élève et l’invite à collaborer avec lui à la réalisation de la coupole de la chapelle de la Vierge, à Saint-Sulpice, et du plafond d’Hercule à Versailles. N’ayant pas de fortune, Nonnotte doit rapidement opter pour une carrière lucrative, et se tourner vers l’art du portrait dans lequel il excelle et qui lui permet d’entrer en 1741 à l’Académie royale de peinture. C’est en 1754 qu’il s’installe dans la ville de Lyon, où il restera jusqu’à sa mort et ouvrira une célèbre école gratuite. À son actif se trouvent de nombreuses figures à la facture classique, aux couleurs harmonieuses et au dessin rigoureux, de personnalités parisiennes ou lyonnaises ; parmi elles, celles du sculpteur Le Lorrain, du graveur Jean Moyreau, de l’abbé de Lacroix-Laval ou du dernier prévôt des marchands de Paris, Jacques de Flesselles. Mais quels que soient ses modèles, Nonnotte s’attachait avant tout à retranscrire leurs sentiments.

Agenda
Provenant de la descendance de l'artiste dans l'est de la France, une toile de Donatien Nonnotte (1708-1785) représentant un double portrait très vivant de Charles Joseph Chossat de Montessuy (1740-1806), officier au régiment lyonnais, et son épouse Marguerite de Hubert de Saint Didier, sera annoncée à 20 000/25 000 € (voir Gazette n° 35, page 105). À ses côtés aux cimaises figureront par exemple des Navires dans un port de la Méditerranée par gros temps, sous le pinceau de Philippe Rey (4 000/6 000 €), et un Jardin fleuri, Sidi Bou-Saïd vu par le peintre orientaliste d'origine russe Alexandre Roubtzoff en 1937 (3 000/4 000 €). S'annoncera par ailleurs un meuble formant bar en gradin de l'ébéniste lyonnais Christian Krass, en placage d'ébène de Macassar et daté vers 1930-1940 (3 000/4 000 €).
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