De Millet à Sonrel

Le 16 juillet 2020, par Sophie Reyssat

De Millet à Sonrel, en pastel ou en peinture, et du réalisme au symbolisme, les artistes font le portrait du XIXe siècle.

Jean-François Millet (1814-1875), Les Premiers Pas, pastel sur papier signé « J. F. Millet », 40 46,7 cm.
Estimation : 250 000/350 000 €

Identifié en 2004 comme étant de Jean-François Millet, ce pastel montrant les premiers pas d’un enfant – voir l'article «Premiers pas» pour un artiste accompli du Coup de cœur, Gazette n° 27, page 20 – sera la pièce maîtresse d’une dispersion alignant une centaine d’œuvres du XIXe siècle aux cimaises. Autre instantané de vie quotidienne, une scène de marché, tracée aux crayons bleu et noir par Camille Pissarro, sera remarquée autour de 13 500 € (25 20,5 cm). Loin du pittoresque de Paul-Charles Chocarne-Moreau, immortalisant sur la toile de malicieux Enfants au perroquet (56 46,5 cm, 5 000/8 000 €), ou de Louis Ricquier, idéalisant les bonheurs simples d’une Famille italienne devant un paysage, peinte sur panneau vers 1835 (81 71 cm, 12 000/15 000 €), Élisabeth Sonrel dresse le portrait de jeunes femmes pleines de mystère. Leur beauté inaccessible est celle des vierges et des muses, des dames des romans courtois et des héroïnes wagnériennes. L’artiste symboliste a ainsi paré d’étrangeté une jeune femme dont le portrait préraphaélite a été exposé au Salon de 1904 (81 60 cm, 25 000/30 000 €). Son nom, Ligéia, est celui d’une sirène ayant traversé les siècles. Enchanteresse à la voix claire du poète grec Lycophron, au IIIe siècle av. J.-C., créature des récits merveilleux d’Arioste, tentatrice pour Milton dans Comus, elle est aussi la beauté ensorcelante donnant son nom à une nouvelle d’Edgar Poe…

dimanche 19 juillet 2020 - 14:00 - Live
Fontainebleau - 9-11, rue Royale - 77300
Osenat
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