Une déesse prend chair par la grâce de Souverbie

Le 03 juin 2020, par Caroline Legrand

Entre art moderne et tradition classique, Jean Souverbie fait renaître sous son pinceau les divinités de la Grèce antique.

Jean Souverbie (1891-1981), Nu à la draperie, 1934, huile sur panneau, 148 67 cm.
Estimation : 60 000/80 000 

Du haut de son mètre cinquante, cette déesse moderne prend taille humaine. Sur un fond à peine esquissé, laissant juste deviner une architecture antique, cette superbe figure féminine révèle sa nudité. Avec sa technique si particulière, qui se rapproche bien souvent de la fresque par son apparence brossée, Jean Souverbie célèbre la chair sensuelle et vivante de cette jeune déesse. Les nuances d’ocre rendent palpable ce corps aux splendides proportions. Datée de 1934, cette toile, passée par la vente Ader-Tajan du 16 décembre 1991 à Drouot, s’annonce comme l’un des chefs-d’œuvre du peintre. À une époque où la mode était plutôt aux nabis ou aux fauves, Souverbie a quant à lui choisi la voie du classicisme. Petit, alors qu’il doit rester chez lui à cause de problèmes de santé, il peint avec des tubes que lui a offerts sa mère… et rêve d’être Rembrandt ou Picasso. Il deviendra ami avec ce dernier, exposera dans les mêmes galeries et partagera avec lui de nombreuses conceptions, notamment celle du retour à l’ordre dans les années 1920. La découverte de la Côte d’Azur, lors de sa première communion à Nice, est un tournant important : l’art grec, le ciel bleu et la mer ne quitteront plus son esprit. Les rencontres forgeront sa carrière, l’une des plus significatives étant celle avec Maurice Denis, à seulement 17 ans, qui est son premier professeur. Suivront Jean-Paul Laurens, à l’académie Julian, les nabis à l’académie Ranson et le peintre argentin Araujo,
à Montparnasse. Conjuguant son attrait pour les sculptures du Parthénon et celui pour les bronzes d’Henry Moore, Jean Souverbie a créé une œuvre unique, réussissant le tour de force de transposer ces figures intemporelles et monumentales dans notre réalité.

Agenda
Un panel de peintures superbe, et aux styles des plus variés, vous attend à Marseille. Ainsi l'art figuratif de l'après-guerre aura ses héraults en les personnes de Bernard Buffet, auteur d'un paysage de Bois de Saint-Loup, environs de Bénac, le petit pont du moulin de Cressac peint en 1975 (70 000/80 000 €), ainsi que de Jean Souverbie avec un Nu à la draperie de 1934 (60 000/80 000 €). Passons ensuite à l'abstraction grâce à Hans Hartung, à l'origine d'un vinylique sur carton titré P 1967-48 (58 000/62 000 €). Les artistes méridionaux se sentiront chez eux, comme Louis-Mathieu Verdilhan avec Le Port de Marseille (40 000/50 000 €), et les peintres orientalistes se feront très présents, à l'image de Félix Ziem avec Bucentaure et gondole devant le palais de Doges, Venise (45 000/55 000 €). Le mot de la fin est pour Fernand Léger avec deux toiles de sa période corse de début de carrière, Portrait de Monsieur Ernest Blasini (50 000/80 000 €. Voir Zoom en régions page ??), et un paysage Pietralata (30 000/40 000 €).  
vendredi 12 juin 2020 - 14:30 - Live
Marseille - 224, rue Paradis - 13006
Maison R&C, Commissaires-Priseurs Associés
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