John Register, à la manière d’Hopper

Le 04 mai 2021, par Vanessa Schmitz-Grucker

Les scènes de rues fantomatiques sont récurrentes dans l’œuvre du peintre américain John Register. Dans la veine d’Hopper, il dresse le portrait d’une Amérique mélancolique.

John Register (1939-1996), 139th St. Grocery, huile sur toile, 127 127 cm.
Estimation : 80 000/120 000 $

Né à New York en 1939, John Register a laissé derrière lui des représentations de rues désertes et ensoleillées, de cafés vides et de chambres d’hôtel, de New York ou du sud de la Californie. Des thèmes, mais aussi un traitement pictural, qui ne sont pas sans rappeler un autre grand nom du réalisme américain, Edward Hopper. Sans renier cet héritage, John Register aimait préciser : « Avec Hopper, vous êtes témoin de l’isolement de quelqu’un d’autre ; dans mes tableaux, je pense que vous, le spectateur, devenez l’isolé. » L’absence de la figure humaine dans l’œuvre de Register renforce ce sentiment d’isolement. Dans 139th St. Grocery, le spectateur n’est pas extérieur à la scène, il est propulsé au milieu du tableau. C’est lui qui, sous le viaduc, observe ce coin de rue désert de New York. C’est la première fois que cette peinture arrive sur le marché de l’art : elle avait été acquise directement par son propriétaire actuel auprès de l’artiste à Malibu. Comme Hopper, John Register est un maître des jeux d’ombre et de lumière : l’épicerie baignée de lumière est bordée d’une rue ombragée. De ces contrastes naît une vision poétique et mélancolique de la solitude. Register y maîtrise à la perfection le dessin et l’emploi de couleurs saturées. Il avait étudié les arts appliqués au Pasadena Art Center et le design au Pratt Institute de New York (institut fondé par son arrière-grand-père). Il a ensuite mené une prolifique carrière d’artiste publicitaire jusqu’au jour où il comprit que ce n’était pas sa place : il quitta tout sur un coup de tête à l’occasion de son 33e anniversaire pour se consacrer à la peinture. Atteint d’une maladie incurable, Register s’installe en Californie où il décède à l’âge de 57 ans, le 9 avril 1996. La première rétrospective consacrée à son œuvre se tint en 1999. Elle fut présentée dans plusieurs musées au travers des États-Unis. Aujourd’hui, les œuvres du peintre font partie des collections du San José Museum of Art et de la Seavest Collection of Contemporary American Realism.

Agenda
De nombreux tableaux du XXe mais aussi des dessins : une encre sur papier de Willem de Kooning (7 000/10 000 $), des esquisses de Sol Lewitt (6 000/8 000 $), des études de Fernand Léger (40 000/60 000 $) ou encore un dessin préliminaire d'Alexander Calder (15 000/25 000 $). Des sculptures seront également de la partie : une Girafe de Shapiro en bois, fer et acier (150 000/250 000 $) ou encore un bronze d'Étienne Hajdu (8 000/12 000 $). Parmi les lots phares, une œuvre de Victor Vasarely de 1976, estimée entre 200 000 et 300 000 $, un acrylique abstrait de Peter Halley (40 000/60 000 $) ou encore des lignes horizontales de Sol Lewitt (35 000/45 000 $).
jeudi 13 mai 2021 - 14:00
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