Gustav Klimt, prolifique dessinateur

Le 21 janvier 2021, par Claire Papon

Que ce visage vous dise quelque chose n’a rien d’étonnant. C’est celui de Fritza Riedler et notre feuille figure parmi la vingtaine d’œuvres préparatoires du portrait peint de la dame, conservé au musée du Belvédère à Vienne.

Gustav Klimt (1862-1918), Étude pour le portrait de Fritza Riedler, crayon bleu sur papier, 65,5 49 cm.
Estimation : 40 000/60 000 €

Corps de profil, buste et épaules de trois quarts, visage de face, notre dessin préfigure la peinture définitive, même si le modèle possède une étole en boa et une robe à motifs «Sécession» qui disparaîtront au profit d’une tenue à volants couleur eau-de-Nil. Hiératique, cette figure n’en est que plus majestueuse. Vingt dessins de Gustav Klimt, au crayon bleu ou à la mine de plomb, figurant la jeune femme tantôt debout, tantôt assise, sont connus, qui ont précédé le tableau, l’un des premiers de toute une série de grands portraits représentatifs et de format carré (153 153 cm) et celui dans lequel il expérimente l’usage de l’or et l’argent. Figure emblématique de la Sécession viennoise, Klimt est l’auteur d’à peine 200 tableaux, dont les portraits –  féminins essentiellement – ne constituent qu’une petite partie. Symbolique et sublimée, érotique et séductrice, la femme constitue l’un de ses sujets de prédilection. Fritza Riedler (1860-1927) est assise dans un fauteuil imposant, une sorte de trône au motif inspiré de l’œil oudjat, un symbole protecteur dans l’Égypte ancienne, dont le relief épouse les plis de sa robe. Ses joues roses, sa chevelure noire, ses sourcils sombres mettent en valeur sa peau claire. Jeune femme de la haute société viennoise, Fritza, née Friederike Langer, est l’épouse d’Aloïs Riedler, ingénieur mécanicien fortuné. La rencontre entre le peintre et son modèle remonte probablement à 1904, époque à laquelle Klimt réalise ses premières esquisses. Le tableau, peint à Vienne, est présenté lors d’une exposition à Mannheim en 1907, avant d’être terminé. Un procédé habituel chez l’artiste qui montre au public des œuvres non achevées puis les retravaille. Il fallait, paraît-il, parfois les lui arracher de force pour qu’il cesse de les retoucher…

Panorama (avant-vente)

Retour aux sources

Le 21 janvier 2021, par Claire Papon

À l’heure où les voyages demeurent immobiles, cette toile est la bienvenue, d’autant que son estimation est modeste, 1 000/1 500 €. Le dépaysement est garanti avec ce Pique-nique au Cap-Français (50 65 cm) proposé mardi 26, salle 5 à Drouot par Crait + Müller. Chef-lieu de la colonie française de Saint-Domingue, la cité portuaire également appelée Le Cap ou Cap-Henri sur la côte septentrionale de l’île, est aujourd’hui la deuxième ville d’Haïti. Passionné par les faits maritimes et leur peinture, Gustave Alaux (1887-1965), natif de Bordeaux, formé aux Beaux-Arts de Paris, est intégré dans le corps des peintres de la Marine en 1926. L’une de ses aïeules est originaire du Cap-Français.

Agenda
Fleuron de l'après-midi, un dessin préparatoire de Gustav Klimt au portrait de Fritza Riedler (40 000/60 000 €) est accompagné d'une vue de La Rade de Fort-de-France en Martinique par Ludovic de Saint-Edme (4 000/6 000 €), une scène de Pique-nique au Cap Français signée Gustave Alaux (1 000/1 500 €), un Portrait du peintre Casasus par son ami Henri Martin (6 000/10 000 €), des paysages d'Albert Lebourg, Louis Marie Désiré-Lucas, Ludovic Vallée, Gustave Madelain… Des objets d'art, du mobilier XVIIIe et XIXe et quelques tapisseries ponctuent la fin de séance.
mardi 26 janvier 2021 - 01:30 - Live
Salle 5 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Crait + Müller
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