François Pompon : l’essence de l’animal

Le 08 octobre 2020, par Claire Papon

C’est vers lui que seront tournés tous les regards… Ce Dindon de François Pompon, réalisé vers 1925, est proposé dans une fonte ancienne.

François Pompon (1855-1933), Dindon, 1925, épreuve en bronze patiné, cire perdue «C. Valsuani fondeur», h. 25 cm.
Estimation : 30 000/35 000 

Immobile sur ses pattes, l’œil aux aguets, il semble surpris de la convoitise qu’il pourrait bien susciter. À la différence d’autres volatiles ou de certains quadrupèdes, le dindon n’est pas le modèle que l’on rencontre le plus souvent aux enchères. À cette relative rareté s’ajoutent sa belle patine ancienne et son intéressant travail d’opposition entre surfaces lisses et parties plissées. Un exemplaire similaire figurait au 3e Salon des Tuileries, au Palais de bois, près de la porte Maillot, au printemps 1925, sous le titre Dindonneau. Un autre fait partie des collections du musée du Petit Palais. «La simplicité est la complexité résolue», disait Constantin Brancusi. La formule s’applique parfaitement à l’art de François Pompon, dont la préoccupation est de rendre l’impression de mouvement malgré la fixité. C’est au Jardin des Plantes ou dans la campagne qu’il observe ses modèles, qu’il les croque sur papier ou les modèle sur le vif, à la terre glaise, sur son établi portatif, avant de les reprendre dans son atelier. Les lignes de force sont fixées, un volume se définissant dans l’espace par la pureté de sa ligne, selon le sculpteur bourguignon, qui est aussi à l’aise dans l’art du bronze que dans la taille directe. Les détails sont enlevés, reste la forme sous laquelle on devine toutefois le squelette et la tension musculaire. Praticien dans l’atelier d’Auguste Rodin durant quinze ans, Pompon se désintéresse de la figure humaine à partir de 1900 pour se consacrer à la représentation d’animaux. Un thème qu’il conjugue au pluriel et qui lui vaudra un succès international.

Agenda
Des tableaux anciens, on a noté une paire de cuivres d'un artiste actif au XVIIe connu sous le nom de Pseudo Van Kessel, à sujets de natures mortes, l'une au Chou, céleri, panier de fraises et écureuil, l'autre au Plat d'huîtres et à la coupe (12 000/15 000 €). 2 000/3 000 € sont demandés d'une encre et aquarelle d'Henri-Joseph Harpignies, Rivière à la lisière d'une forêt au crépuscule mais aussi d'une toile de 1903 de Paul Madeline, Promeneurs en forêt. Les (nombreuses) œuvres de Robert Savary sont estimées entre 200 et 1 200 €, celle d'André Bourrié représentant la maison de l'artiste Soleil du matin dans la cour du Fort-Larron à Noirmoutier, entre 200 et 600 €. Parmi les objets d'art, c'est à hauteur de 30 000/35 000 € que pourrait s'envoler un Dindon en bronze patiné de François Pompon, entre 100 et 1 200 € que sont annoncés un ensemble de lampes en bronze doré et tôle doré de la maison Charles. Du bon mobilier d'époque et de style ferme la marche, ainsi qu'une tapisserie de Beauvais XVIIIeLa Toilette, réalisée d'après la seconde Tenture chinoise (4 000/5 000 €).
vendredi 16 octobre 2020 - 13:30 - Live
Salle 2 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Libert Damien
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