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Un portrait inédit de Jean-Léon Gérôme

Publié le , par Caroline Legrand

Lassé de peindre les ruines antiques, le jeune Gérôme quitte Rome pour la campagne, à la rencontre de nouveaux modèles, plus authentiques, tel le désormais célèbre Giacomo Orlandi di Subiaco.

Un portrait inédit de Jean-Léon Gérôme
Jean-Léon Gérôme (1824-1904), Tête de paysan de la campagne romaine, toile ovale marouflée sur panneau, 14 12,5 15,7 cm.
Estimation : 8 000/10 000 

Si la signature est difficile à lire – les propriétaires du tableau pensaient d’ailleurs y déchiffrer «Géricault» –, l’identité de l’auteur de cette peinture inédite ne fait pas de doute : il s’agit de Jean-Léon Gérôme. En effet, d’autres portraits de sa main du modèle nous sont connus — l’un conservé au musée Magnin de Dijon et deux dans des collections particulières —, tous recensés dans le catalogue raisonné de l’artiste par Ackerman. Par ailleurs, le style proposé est tout à fait comparable à celui des premières années de la carrière du peintre qui deviendra l’un des chefs de file du mouvement néo-grec. Nous sommes en 1843-1844 quand il réalise ce tondo. Alors âgé d’une vingtaine d’années à peine, il effectue un séjour en Italie, plus précisément à Rome. Il a accompagné dans ce voyage son tout premier maître à Paris, Paul Delaroche, dans l’atelier duquel il est entré dès l’automne 1840. Les deux hommes partagent la passion pour l’antiquité gréco-romaine. Gérôme suivra également des cours à l’École des beaux-arts, mais jamais ne préparera les concours, notamment pour celui de l’Académie. Nos artistes en retrouvent deux autres dans la Ville éternelle, Charles-François Jalabert et Eugène-Jean Damery, qui eux ont remporté le grand prix de Rome. Ensemble, ils vont quitter la capitale en quête de nouveaux sujets à peindre. Lassés des ruines antiques, ils désirent peindre des sujets étudiés sur le vif, des scènes de genre, des paysages, mais aussi des portraits de paysans d’une région très rurale et authentique. Il faut aussi savoir que ces aventures extra-romaines n’étaient pas sans risques : la campagne du Latium étant essentiellement constituée de marais, les visiteurs en revenaient bien souvent malades. Un modèle s’imposa à cette époque aux peintres : Giacomo Orlandi di Subiaco, qui vivait à Subiaco, à l’est de Tivoli. Avec ses cheveux ébouriffés, ses yeux noirs, sa barbe courte et son visage brûlé par le soleil, il correspondait parfaitement à l’image romantique du paysan brigand. Entre 1840 et 1860 environ, il fut portraituré tant par des artistes allemands, tels Friedrich von Amerling (peut-être le premier à le choisir, en 1837), Johannes Niessen et Anselm Feuerbach, que par des Français dont Gérôme, mais aussi Henri-Pierre Picou ou Edgar Degas…

Agenda

La première vente nantaise se concentrera sur la peinture du XVIIIe au XXe siècle. Honneur aux anciens avec un beau portrait de Jeune femme à la couture par Jacques Autreau (1657-1745), un artiste plus connu pour ses écrits que pour ses tableaux, provenant du château de G. en Ille-et-Vilaine. Prévoir 10 000/12 000 € pour cette œuvre tout en délicatesse, au traitement des couleurs et des matières d'une grande minutie. Du XIXe siècle, nous mettrons en avant une Tête de paysan de la campagne romaine de Jean-Léon Gérôme, peinte au début de sa carrière, lors de son séjour en Italie en 1843-1844 (8 000/10 000 €). Retour en France grâce à une gouache de Galien-Laloue, Paris, la place de la République (3 000/4 000 €), suivie d'une scène orientaliste d'Henri Jean Pontoy, Les Porteurs d'eau (2 000/3 000 €). Le mot de la fin est pour Ferdinand Loyen du Puigadeau, dont un Coucher de soleil en Brière, à la touche vivante et la lumière vibrante, est annoncé à 8 000/12 000 €. 

mardi 01 février 2022 - 14:00 (CET) - Live
8-10, rue Miséricorde - 44000 Nantes
Ivoire - Couton - Veyrac - Jamault
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