Projet inachevé sur fond de Révolution

Le 21 janvier 2021, par Caroline Legrand

Restée depuis l’origine dans la descendance du député de la Convention François Mellinet, cette toile rappellera aux Nantais tout un pan de leur histoire et celle de la France.

Jean-Baptiste Coste (1746-1819), Nantes, la place de la Liberté, 1791, huile sur toile signée et datée « J.B. Coste. Pinxit l’an 2eme de la liberté. 1791 », 73 97 cm.
Estimation : 8 000/10 000 

Si l’endroit était à l’époque hors les murs de la ville, il est aujourd’hui rattaché à la commune, et les Nantais le connaissent sous le nom de place Maréchal-Foch. Elle est dominée, du haut des vingt-huit mètres de sa colonne, par la statue de Louis XVI. Mais en 1791, date à laquelle le peintre Jean-Baptiste Coste – proche du maître néoclassique Jacques-Louis David et de l’architecte nantais Mathurin Crucy – peignit cette toile, la royale figure était absente. Et pour cause, la Révolution grondait alors en France. Le projet de cette colonne commémorative remonte à l’année 1788. Dix-neuf architectes nantais décident alors d’ériger un monument commémoratif aux grands travaux menés par Louis XVI. La première pierre de la colonne, réalisée par Jacques Lamarie, est posée le 24 juin 1790 sur cette promenade reliant la Loire et l’Erdre, alors nommée cours des États et bordée par l’hôtel d’Aux, qui servira par la suite de résidence aux préfets et aux invités de marque, notamment, en 1808, Napoléon Bonaparte. Son inauguration fut jumelée avec un hommage au pacte fédératif, célébré lors de la fête du 14 juillet 1790. Mais devant l’évolution des événements politiques, Mathurin Crucy décide en 1792 d’abandonner le projet de statue de Louis XVI. Un monument glorifiant la Liberté est envisagé, qui ne sera jamais réalisé… Finalement, c’est sous la Restauration que la colonne recevra son roi habillé à l’antique.

Panorama (avant-vente)

Une œuvre inédite d’un élève de Rembrandt

Le 29 décembre 2020, par Caroline Legrand

Peinte par Gerbrand van den Eeckhout en 1669, cette rembranesque représente un sujet de l'Ancien Testament, pharaon rendant à Abraham son épouse Sara,

Découverte dans un château du Poitou, cette toile peinte par Gerbrand van den Eeckhout en 1669 (estimation : 60 000/80 000 €), l'année même de la mort de son maître, présente bien des qualités rembranesques ! Le traitement de la lumière, la manière de situer les personnages, l’opulence des matières ou encore l’aspect oriental des figures de cette scène religieuse sont autant de traits stylistiques qui rapprochent cette œuvre du travail du grand maître hollandais du XVIIe. Les sujets bibliques furent très courants au sein de l’atelier de Rembrandt, mais aussi dans la carrière d’Eeckhout. Il a ainsi abordé par deux fois celui du pharaon rendant à Abraham son épouse Sara, présent dans l’Ancien Testament et pourtant rarement évoqué par les peintres. Une autre version de sa main est passée avant celle-ci sur le marché londonien.

Agenda
Le premier de ces deux jours d'enchères sera marqué par la présence d'un tableau inédit de l'un des plus célèbres élèves de Rembrandt, Gerbrand van den Eeckhout, daté de 1669 et illustrant un épisode de l'Ancien Testament, Pharaon rend à Abraham son épouse Sarah. S'il faudra envisager 60 000/80 000 € pour son acquisition, 8 000/10 000 € sont à prévoir d'une paire de toiles du maître lillois du XVIIIe Louis-Nicolas Van Blarenberghe, ayant pour sujet un Chargement de marchandises au bord de la mer et un Embarquement dans un port méditerranéen : des peintures d'une grande précision digne de cet artiste spécialisé aussi bien dans les œuvres miniaturistes que dans les scènes de bataille. Cette intéressante sélection picturale proposera encore une toile exécutée vers 1948 par le fauve Charles Camoin, Blonde nue accoudée (14 000/16 000 €), et une vue de Nantes, la place de la Liberté, 1791 sous le pinceau de Jean-Baptiste Coste (8 000/10 000 €).  
mardi 26 janvier 2021 - 02:00 - Live
Nantes - 8-10, rue Miséricorde - 44000
Ivoire - Couton - Veyrac - Jamault
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