Le palais du Louvre par la manufacture des Gobelins

Le 28 novembre 2019, par Claire Papon

La tapisserie du mois de janvier de la tenture des Maisons royales représentant le palais du Louvre a été tissée à huit reprises entre 1668 et 1694, par la manufacture des Gobelins. Celle-ci est l’une des rares conservées.

Manufacture royale des Gobelins, atelier de basse lisse, d’après Charles Le Brun, vers 1682. Tapisserie de la tenture des Maisons royales représentant le palais du Louvre, mois de janvier, 330 410 cm.
Estimation : 60 000/80 000 

Réalisée en basse lisse dans les ateliers de Lacroix et Mozin, cette tapisserie est identique à celle conservée au Mobilier national. Trois provenances sont possibles, selon le «Fenaille» : un ministre du roi du Danemark, le marquis de Croissy pour l’Angleterre et l’électeur de Brandebourg. La tenture d’or et de soie, dite des Mois ou des Maisons royales, est à la gloire de Louis XIV. Pour la concevoir, sept peintres travaillèrent sous la direction de Charles Le Brun (1619-1690) pour retranscrire ses dessins, dont Jean-Baptiste Monnoyer pour les fleurs et les fruits, Peter Boel pour les animaux, Frans Van der Meulen pour les paysages et certaines résidences royales. Les tapisseries présentent les douze mois de l’année encadrés par un portique d’architecture, où figurent des animaux de la Ménagerie royale de Versailles, des pièces d’orfèvrerie du mobilier d’argent du roi, sans oublier des scènes animées sous un signe zodiacal. Cette tenture est un document de grande valeur, car il témoigne de résidences royales : Madrid dans le Bois de Boulogne  (mars), Blois, Chambord (septembre), le Palais-Royal (février), le domaine de Mariémont en Belgique (août), Montceaux (décembre), Versailles (avril), Saint-Germain-en-Laye (mai), les Tuileries (octobre), Fontainebleau (juin)… Certaines ont disparu, tout comme le mobilier d’argent fondu lors des guerres de 1689. Notre mois de janvier est placé sous le signe du verseau. Si l’on peut regretter la disparition de ses bordures, l’imitation des marbres pour les parties architecturées et la qualité des paysages à la perspective maîtrisée sont des atouts. Avec La Collation, tapisserie de la tenture de L’Histoire de l’empereur de Chine réalisée au début du XVIIIe siècle à la manufacture de Beauvais (40 000/60 000 €), elle est la pièce la plus attendue de cette dispersion classique, issue de l’ancienne chartreuse de Bourgfontaine, proche de Villers-Cotterêts.

Agenda
Deux cents œuvres quittent l'ancienne chartreuse de Bourgfontaine, dans le Valois, résidence de l'ancien entraîneur de chevaux François Mathet, l'homme aux 4098 victoires et qui révéla Yves Saint-Martin, puis de son fils Hubert. La demeure aujourd'hui vendue, c'est son contenu qui est proposé sous le marteau. L'ensemble est classique, emmené par deux tapisseries, mais aussi une grande toile (117,7 x 145,5 cm) de l'Anversois Carstian Luyckx (1623-1670), Faucons et milans, anciennement attribuée à Guilliam Gabron et à Jan Fyt (30 000/50 000 €), de l'orfèvrerie, des porcelaines de Chine et européennes, du mobilier et des objets de décoration des époques Louis XV et Louis XVI (est. 100 à 50 000 €).
lundi 02 décembre 2019 - 14:30 - Live
Salle 1-7 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Ader
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