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Pillement, paysagiste préromantique

Publié le , par Caroline Legrand

Artiste lyonnais du XVIIIe siècle, Jean Pillement offre une peinture plus complexe qu’on a tendance à le penser.

Pillement, paysagiste préromantique
Jean Pillement (1728-1808), Paysage au pont sur la rivière traversant une vallée avec villageois et leurs bêtes, 1787, huile sur toile signée et datée, 48,5 63,5 cm.
Estimation : 8 000/12 000 
Adjugé : 43 750 €

Un paysage imaginaire, alliant montagne, eau et pont, dans lequel évoluent des villageois menant leurs animaux : voici un panorama somme toute classique, comme peut en offrir l’école du XVIIIe siècle. Toutefois, Jean Pillement, à l’image de plusieurs autres confrères de la fin de l’Ancien Régime — notamment régionaux comme Charles de Lacroix et Jean-Baptiste Lallemand —, lui offre un petit supplément romantique avant l’heure, grâce à cette atmosphère vaporeuse et une lumière irradiante. Pillement est un artiste aux multiples cordes à son arc. Estampillé peintre lyonnais, il compte pourtant parmi les plus grands voyageurs de son temps. Ainsi, après sa formation aux côtés du dessinateur parisien Daniel Sarrabat, il se lance dans un véritable périple qui le mènera à Lisbonne, à Londres, à Vienne, en Russie et en Pologne, alors peintre du roi Stanislas II. Pour autant, il ne néglige pas la capitale française, où il exposera notamment au Salon de 1776 et deviendra peintre de la reine Marie-Antoinette. Extrêmement demandées et appréciées, ses chinoiseries marqueront la décoration intérieure de nombreux salons, tout comme les productions de la manufacture de tapisserie des Gobelins, avec laquelle il collaborera à plusieurs reprises. À l’aube du règne de Louis XVI, Jean Pillement abandonnera le style rocaille au profit de la manière à l’antique, et de ses paysages préromantiques.

Agenda

En tête de catalogue, un Paysage au pont sur la rivière de l'artiste lyonnais Jean-Baptiste Pillement (1728-1806), signé et daté 1787, est évaluée entre 8 000 et 12 000 €. Le Marseillais Jean-Baptiste Olive (1848-1936) le suit de près avec une toile produite vers 1878 mettant en scène des bateaux à marée basse en Normandie – 6 000/8 000 € en sont espérés. Elle voisine notamment avec un mystérieux portrait du célèbre astrologue et alchimiste Nostradamus (Michel de Nostredame), attribué à son fils César Nostradamus (1555-1629). Cette huile sur cuivre pourrait trouver un nouveau propriétaire à 3 000/4 000 €. D’autres surprises sont à noter, comme une Sainte Trinité italienne de la première moitié du XVIIe siècle, huile sur toile octogonale de belle qualité estimée 3 000/4 000 €. On retiendra enfin sept huiles sur toile du peintre français Marcel Dyf (1899-1985). Les estimations les concernant s’échelonnent de 800 à 3 000 €.

mardi 25 janvier 2022 - 14:30 (CET) - Live
8, rue de Castries - 69002 Lyon
Conan Belleville Hôtel d’Ainay
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