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Une étude de jeunesse de Delacroix

Le 01 décembre 2021, par Caroline Legrand

Ce dessin à l’encre et aquarelle est une étude pour La Vierge des moissons d’Eugène Delacroix, la première commande du futur génie du romantisme.

Une étude de jeunesse de Delacroix
Eugène Delacroix (1798-1863), La Vierge  des moissons (étude), encre brune, crayon, aquarelle sur trois feuilles de papier accolées et contrecollées en plein sur toile, cachet de l’atelier dans l’angle inférieur droit, 98,5 57 cm.
Estimation : 20 000/30 000 Adjugé : 25 000 €


Eugène Delacroix est âgé d’une vingtaine d’années quand il reçoit la commande d’une Vierge à l’Enfant destinée au retable de l’autel de l’église paroissiale Saint-Eutrope, à Orcemont dans les Yvelines, non loin de Rambouillet. Lorsque Jacques Gouffier, un riche propriétaire terrien d’Orcemont, lui confie ce travail, le jeune artiste est encore élève aux Beaux-Arts de Paris, où il est entré en 1816 dans l’atelier de Guérin. Il s’installe à la ferme du Racinay pour peindre cette composition qui deviendra bientôt la Vierge des moissons, avec la botte de foin à ses pieds et un arrière-plan occupé par des champs, en référence à l’activité de son commanditaire. Si l’on ne décèle pas encore dans cette étude l’œuvre romantique de l’auteur de La Barque de Dante, présentée en 1822, on reconnaît la maîtrise de l’élève appliqué qu’il était, s’évertuant à travailler sur le modèle des maîtres anciens : cette Vierge s’inspire ainsi manifestement de La Belle Jardinière de Raphaël. Et le succès du tableau incitera Théodore Géricault à contacter Delacroix pour lui sous-traiter sa commande de La Vierge du Sacré-Cœur. Terminée en 1821, cette dernière, aujourd’hui conservée à la cathédrale d’Ajaccio bien qu’initialement prévue pour Saint-Pierre de Nantes, s’inspire cette fois-ci de Michel-Ange.
 

Agenda

Honneur aux anciens avec un dessin d'Eugène Delacroix, La Vierge des Moissons, offrant une étude pour le retable réalisé dans sa jeunesse pour l'église paroissiale d'Orcemont (20 000/30 000 €), mais aussi avec une Pietà de l'école lombarde vers 1600, une composition aux personnages monumentaux et aux expressions exacerbées qui pourrait partir à 7 000/9 000 €. Du XIXe siècle, une étude préparatoire au décor de la coupole de l'église de Saint-François-de-Sales située à Lyon, rue Auguste-Comte, réalisée par Louis Janmot en 1859 sur le thème de Daniel et Ezéchiel, se négociera à 6 000/8 000 €. On restera dans la capitale des Gaules en compagnie de Jacques Truphémus et de son Embarcadère sur la Saône de 1974, au charme évanescent et à la même estimation. 

tableaux anciens et modernes, dessins, lithographies
mardi 07 décembre 2021 - 14:30 (CET) - Live
8, rue de Castries - 69002 Lyon
Conan Hôtel d’Ainay
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