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Aristide Caillaud au pavillon Baltard

Le 04 janvier 2022, par Caroline Legrand

Le peintre Aristide Caillaud s’intéresse ici à l’architecture et à la vie qui anime les Halles, l’ancien marché parisien, dans une grande composition où l’arbre, sujet récurrent, est aussi présent.

Aristide Caillaud au pavillon Baltard
Aristide Caillaud (1902-1990), Arts et loisirs au pavillon Baltard, 1971, peinture sur toile titrée, signée et datée, 116 89 cm.
Estimation : 10 000/15 000 

Provenant d’une collection particulière, cette œuvre a figuré dans la rétrospective Aristide Caillaud organisée en juin 1976 au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, sous le numéro 26. Dans le catalogue, où elle est reproduite en pleine page, figure une introduction du critique Max-Pol Fouchet, qui cite le peintre : « Mon père, un jour m’a montré le soleil derrière un arbre… Ce fut l’une des impressions les plus extraordinaires de ma vie, le soleil ! En j’en mets partout, presque dans tous mes tableaux […] Lorsque je peins, mon tableau vient lentement, comme un arbre qui pousse dans un rêve. » Ce dernier évoque aussi l’homme qui ne peut vivre ni s’épanouir sans ses racines et son environnement. Ainsi les acrobates, les animaux fantastiques et les végétaux de cette composition forment-ils ensemble un arbre en plein cœur d’un ovale ressemblant à une piste de cirque, qui s’élève vers le ciel au centre de l’immense architecture métallique et sous le regard de centaines de petites têtes rondes. Abritant les maraîchers, les poissonniers et autres bouchers, les Halles reflètent le style novateur de Victor Baltard de la seconde moitié du XIXe siècle, osant marier le fer, la fonte et le verre. Le marché parisien, devant s’agrandir, a quitté ces dix pavillons au cours des années 1960, et leur démolition débute en 1971, sur fond de contestations, pour permettre la construction de la gare RER et du Forum des Halles. Le pavillon Baltard, le numéro 8, sera le seul à survivre, car transféré à Nogent-sur-Marne en janvier 1976 pour devenir un lieu de culture. Dans son style unique, naviguant entre art naïf et art brut, Aristide Caillaud rend un bel hommage à cette architecture qu’il devait tout particulièrement apprécier, étant devenu parisien dans les années 1930 et exerçant lui-même à cette époque des petits métiers dans les commerces alimentaires…

Agenda

Peinte par Aristide Caillaud en 1971, la toile Arts et loisirs au pavillon Baltard rendra hommage à cette architecture en fer et verre, emblématique du Paris du début du XXe siècle, démantelée de 1971 à 1973 puis reconstruite partiellement à Nogent-sur-Marne en 1976. Pour décrocher cette toile de belles dimensions proche du mouvement naïf, il pourrait vous en coûter 10 000/15 000 €. À ses côtés aux cimaises figureront un Personnage fantastique sur fond vert de Gérard Di-Maccio, prisé 3 000/6 000 €, mais aussi une Scène d'escarmouche du peintre flamand du XVIIe de Wael, à 3 000/4 000 €. Outre des verreries de Gallé, Daum et Lalique ainsi que du mobilier classique provenant de l'ancienne collection du château de B., on remarquera encore un plat en céramique de Georges Jouve, à décor d'un poisson polychrome sur fond noir (5 000/8 000 €).

tableaux anciens et modernes, sculptures, bronzes, art nouveau, art déco, verreries, céramiques, objets d'art et d'ameublement
mercredi 12 janvier 2022 - 14:00 (CET)
438, boulevard François-Mitterrand - 53100 Mayenne
Pascal Blouet
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