Coffret de prestige, corail de Chine et Venise par Ziem

Le 13 novembre 2019, par Caroline Legrand

Conservée dans la même famille depuis les années 1920, une peinture de Félix Ziem rappelle la place que tient l’artiste dans l’histoire de l’art, mais aussi son attachement à la cité des Doges.

Félix Ziem (1821-1911), Venise, voilier et gondoles sur le grand bassin, huile sur panneau, 72 91 cm.
Estimation : 60 000/80 000 

Le comité Félix Ziem a dû être ravi de redécouvrir cette superbe toile, qui sera bien sûr incorporée au catalogue raisonné de l’artiste. Le soleil couchant baigne de ses rayons cette scène des quais de Venise. Gondoles et voiliers animent le canal tandis qu’en arrière-plan l’on distingue, dans une brume vaporeuse, la place Saint -Marc et son campanile ainsi que la basilique Santa Maria della Salute. C’est en 1842 que Ziem découvre l’Italie. Il n’est pas encore le peintre reconnu et convoité qu’il deviendra bientôt. Il part à pied pour Rome, échangeant dessins et tableaux contre de la nourriture. Il aura la «révélation» à son arrivée dans la Sérénissime. S’il voyage dans tout le bassin méditerranéen, de Constantinople à Alger en passant par Le Caire, celle-ci deviendra sa «seconde patrie», comme disait Théophile Gautier. Il y reviendra régulièrement, installant un atelier en 1847 sur un topo, un bateau à fond plat, puis dans un traghetto, une grande gondole aménagée en atelier-habitation. Il y passera parfois plusieurs mois par an entre 1845 et 1892. Son attachement à cette ville le poussera à faire don d’une importante somme en 1902 afin de participer à la reconstruction du campanile écroulé. Il y élabora quelques-unes de ses toiles les plus célèbres à l’image de Venise, vue du palais des Doges exposée au Salon de 1850-1851 et achetée par l’État français. L’artiste étant un grand admirateur de Claude Gellée, dit le Lorrain, on perçoit dans cette vue animée de personnages vêtus à la mode de la Renaissance tout ce que Ziem doit à cet artiste du XVIIe, père de ces scènes portuaires baignées d’une lumière romantique. S’il appartient à cette génération de peintres français  il était proche de l’école de Barbizon notamment  peignant sur le motif, en quête d’effets atmosphériques naturels, Ziem terminait toujours ses toiles en atelier, conférant à ses paysages tout le lyrisme voulu. Précurseur de l’impressionnisme par sa touche rapide, il eut une forte influence sur les générations suivantes, notamment sur l’un des élèves de son école marseillaise, Adolphe Monticelli.


 

Ce coffret (52 x 62 x 49 cm) serait un présent offert à l’occasion de la naissance, en 1842, d’Alfred Charles de Rothschild, fils de Lione
Ce coffret (52 62 49 cm) serait un présent offert à l’occasion de la naissance, en 1842, d’Alfred Charles de Rothschild, fils de Lionel (1808-1879) et de Charlotte de Rothschild (1819-1884), elle même fille de Carl Mayer von Rothschild. Son auteur se nomme Jean Marie Pie Claret, architecte et décorateur de la famille. Il a fourni des projets pour le château de Pregny et la rue Lafitte. Il fut un proche de Balzac, à qui il servit de prête-nom lors de ses démêlés financiers. 40 000/50 000 € sont à envisager pour acquérir cet objet en placage d’ivoire, lapis-lazuli et bronze ciselé et doré, au couvercle à doucine orné de feuillages et frises enserrant une couronne de baron surmontant un cartouche chiffré «AC».
Ce bronze de L’Empereur Napoléon Ier à l’antique a été commandé par Vivant Denon (1747-1825) à la fin de l’année 1807 ou au début de 1808
Ce bronze de L’Empereur Napoléon Ier à l’antique a été commandé par Vivant Denon (1747-1825) à la fin de l’année 1807 ou au début de 1808 (h. 58 cm). Il fit fondre une quinzaine d’exemplaires du modèle initial en marbre, créé par Antoine Chaudet (1763-1810), afin de l’offrir en cadeau aux dignitaires de l’Empire et à d’autres personnalités. Prévoir 25 000/35 000 € pour ce buste en Hermès en bronze, ciselé et patiné, inscrit sur le côté «Denon Directeur», «Chaudet fecit» et portant les noms des fondeurs «Gonon. Canlers, ciseleur 1808».
Il faudra débourser 50 000/60 000 € pour emporter ce grand groupe chinois en corail marin, probablement du XVIIIe, finement sculpté de deu
Il faudra débourser 50 000/60 000 € pour emporter ce grand groupe chinois en corail marin, probablement du XVIIIe, finement sculpté de deux jeunes femmes en barque sur une souche fleurie, accompagnées d’une fillette portant un rosaire. Le corail (32 30 cm) repose sur un socle en bois (7,5 28 cm) exotique sculpté d’éléments feuillagés et de petits animaux. Acheté par un collectionneur chez Étienne Ader, à Paris, le 26 juin 1951, il provenait alors de la collection de la baronne S. à New York.
Cette commode Transition (88 x 129 x 62 cm) sera l’un des nombreux meubles anciens de qualité proposés lors de cette vente. Annoncée à 25 
Cette commode Transition (88 x 129 x 62 cm) sera l’un des nombreux meubles anciens de qualité proposés lors de cette vente. Annoncée à 25 000/30 000 €, elle témoigne du goût pour les chinoiseries au XVIIIe siècle et de l’aboutissement des nombreuses recherches en France pour trouver un vernis imitant la laque chinoise comme japonaise. À façade à ressaut central et ressaut arrière, estampillée «Marion», elle présente un décor de laque européenne à motifs de personnages dans un paysage onirique doré sur fond noir.

Agenda
Pour ses 30 ans d'activité, l'étude de Me Herbette à Doullens s'offre une belle vente ce dimanche 17 novembre. Une session spéciale illuminée par les rayons d'un soleil couchant sur Venise, voilier et gondoles sur le Grand Bassin peints par Félix Ziem (60 000/80 000 €). Un rendez-vous au programme éclectique également, qui comprendra des arts asiatiques, du mobilier ancien et de la peinture moderne ainsi que de nombreux objets d'art qui éveilleront la curiosité ; témoin ce coffret réalisé en 1842 par Jean Claret en placage d'ivoire, lapis-lazuli et bronze ciselé et doré, provenant de la famille de Rothschild (40 000/50 000 €). On ne manquera pas d'admirer encore un bureau Mazarin début XVIIIe attribué à Nicolas Sageot, en placage d'ébène et marqueterie de laiton (30 000/45 000 €), ou encore un bureau plat Louis XV par Jacques Dubois, de forme mouvementée, en placage de bois de rose et d'amarante (20 000/25 000 €). Une toile de Lucien Jonas décrivant une scène de bord de mer dont il a le secret, Dinard, Suzanne à la lecture sur la plage de l'Écluse entourée de ses enfants (25 000/35 000 €), ou encore un charmant Lionceau assis de Roger Godchaux, en bronze à patine brun nuancé (15 000/20 000 €), s'ajouteront à ce riche menu.
dimanche 17 novembre 2019 - 14:15 - Live
Doullens - Hôtel des ventes, 19, rue André-Tempez - 80600
Herbette
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